L’e-commerce connaît à ce jour un succès indéniable. Confrontées à cette nouvelle donne, plusieurs entreprises s’y sont converties. La vente en ligne ne cesse de gagner du débit.

À la conquête des réseaux sociaux. À Madagascar, l’univers du web revêt une dimension conséquente depuis quelques années, plus particulièrement les « réseaux sociaux ». Aujourd’hui, les entreprises utilisent les médias sociaux pour atteindre de nombreux objectifs : lancer un nouveau produit, accroître la notoriété de leur marque ou leur taux de fidélisation, acquérir de nouveaux clients, etc … L’achat et la vente de produits et services en ligne attirent de plus en plus. En outre, l’utilisation des nouvelles technologies pour le fonctionnement d’une entreprise permet à terme de réduire les coûts aux différents niveaux de son organisation.

Connexion
Avec l’avènement de l’internet mobile, le consommateur d’aujourd’hui est en permanence « en ligne ». Et grâce à l’explosion des réseaux sociaux, son pouvoir sur les marques s’est considérablement accru. D’un tweet ou d’un commentaire, il peut plébisciter ou rejeter un produit, faire ou défaire une réputation. Selon une étude, 74% des consommateurs se fient à des avis sur les réseaux sociaux avant de passer à l’achat. Capitaliser sur votre communauté est donc essentiel pour booster vos ventes. Vos fans Facebook et vos followers Twitter ne sont pas une simple présence qu’il faut se contenter d’animer au quotidien, mais des clients ou de potentiels clients qu’il faut satisfaire et attirer sur votre site.

Business
Le vendeur publie la photo du produit sur sa page avec ses caractéristiques et son prix et attend que les clients réagissent. Ceux-ci lui font part de leur désir concernant l’article en tapant « j’aime » ou « je prends » en commentaire. Par la suite, les deux conviennent d’un rendez-vous pour le paiement et la livraison, tel est l’ « e-commerce ».
C’est  également un outil pratique et indispensable pour élargir la liste des clientèles: « La vente en ligne nous permet de gagner beaucoup de clients car ces derniers sont conscients que nous leur facilitons la vie », déclare Koloina Rambeloarison, gérante de « mitia mode ». Par ailleurs, c’est un business des plus bénéfiques explique t-elle:  « C’est très rentable pour nous car sur le net, nous payons moins de charges. Déjà nous ne payons pas de loyer, d’espaces publicitaires… Nos  principales charges  se concentrent essentiellement  sur les frais de livraison, d’importation des marchandises et de rémunérations de notre personnel (comme nos livreurs par exemple) et les impôts annuels bien sûr ».
Côté publicité, le marché en ligne représente une certaine praticité: « Nos produits sont plus visibles avec une large diffusion »,  explique Lôla, la représentante de la page « vente privée de lôla ». En outre, « la prospection des clients  est devenue plus aisée », souligne t-elle.
Quant aux acheteurs, la vente en ligne représente à la fois un réel gain de temps et une tranquillité d’achats. « Les clients ciblés se trouvent tous les jours sur facebook, ils préfèrent acheter  en ligne en regardant nos catalogues, passent leurs commandes  et  attendent la livraison chez eux. Tout cela au lieu de faire du lèche-vitrine dans tous les marchés de Tana en trimbalant de gros sacs de shopping », souligne Koloina Rambeloarison. C’est  un  système qui facilite la vie à ceux ou celles qui, faute de temps, ne peuvent  effectuer les tours des magasins, boutiques et centres commerciaux. «Le shopping en ligne m’aide beaucoup car je travail six jours sur sept avec des horaires de fer qui ne me permettent aucune sortie en ville. Du coup, j’effectue tous mes achats sur le net », nous confie Nathalie, une fanatique du shopping en ligne.

International
La révolution des médias sociaux permet de tisser des liens et surtout d’effectuer des ventes et des achats dans le monde entier. Un nouveau cap dans l’interaction avec vos clients et partenaires est franchi. En outre, ils donnent aux entreprises l’opportunité de tisser des liens avec des millions de clients répartis aux quatre coins du monde, mais également de traiter avec eux de manière plus individuelle.
Côté produits, les réseaux sociaux offrent un large choix allant des  locaux aux étrangers. «Nos clients peuvent passer des commandes sur des articles qui ne se trouvent pas à Madagascar, mais des articles qu’ils ont trouvé quelque part sur des sites européens. Nous les prenons, les achetons en Europe, et les livrons quelques semaines plus tard »,  confie koloina Rambeloarison.  De quoi satisfaire amplement les aspirations des « fashion victims et addicts du shopping » Investir et interagir sur les réseaux sociaux peut faire du bien aux chiffres d’affaires: « Les affaires vont plutôt bien », affirme-t-elle.

Inquiétudes
Comme tout métier, l’univers de l’e-commerce s’accompagne de quelques inconvénients. Des clients poseurs de lapin aux produits défectueux, les soucis se posent de part et d’autre. Que ce soit chez les vendeurs ou chez les acheteurs, les deux parties se heurtent parfois à des problèmes. L’une des premières contraintes majeures identifiées est la confiance mutuelle entre les deux parties, explique Koloina Rambeloarison.
« Beaucoup de gens ne nous faisaient pas confiance au début. Ils se montraient réticents quitte à  effectuer des achats sur internet. Certains ont même déclaré ne jamais vouloir faire affaire avec nous de peur que nous leur livrions des articles autres que ceux proposés dans nos catalogues. D’autres pensent que les vendeurs en ligne sont des arnaqueurs car ils ne nous connaissent pas, ils ne voient pas directement ce que nous leur vendons, ils pensent que nous allons leur soutirer de l’argent sans  livrer leurs commandes, car notre système est de prendre des acomptes à chaque commande. »

Soamihanta Andriamanantena