La mission du Fonds monétaire international sera parmi nous du 10 au 22 septembre. Une nouvelle occasion  pour les dirigeants de prouver la solvabilité du pays. Mais la situation actuelle du pays va  de mal en pire.
Soa-mihanta
Andriamanantena

Le robinet budgétaire aurait déjà dû couler à flots après presque deux ans du retour à la stabilité politique.  Pourtant, on ne peut occulter que les bailleurs de fonds se raréfient et que les injections de fonds par ceux qui n’ont pas encore abandonné le navire, se font au compte- gouttes.
Jusqu’ici les multiples sorties à l’étranger du chef de l’État, en quête d’une reconnaissance internationale, ne semblent guère opérer. Les caisses de l’État sont vides et plus de 80% de sa population crient famine. Le PIB du pays est désastreux : « Madagascar dispose d’un taux de ratios recettes les plus faibles dans le monde », précisent les données de la Banque Mondiale. L’incapacité de l’État à répondre aux requêtes des bailleurs de fonds internationaux, telles celles  du Fonds monétaire international (FMI), n’est plus à souligne. En outre, le pays est toujours étranglé par une pauvreté extrême et un endettement qui surpasse tout entendement. À ce jour, les dettes de Madagascar s’évaluent à 6 232,2 milliards d’ariary. Le taux d’endettement du pays est passé à 27,2 % dont 74 % de dettes extérieures  avec  56,9%  au profit de la Banque Mondiale, 13,8% de la Banque africaine de développement.

Réalité.
Du 10 au 22 septembre, la mission du FMI sera dans nos murs. « Le FMI est une porte ouverte pour l’économie du pays. Ses missionnaires resteront un peu plus longtemps cette fois-ci. Un séjour  assez long durant lequel on discutera de négociation », souligne le ministre des Finances et du budget, Gervais Rakotoarimanana,  durant la signature d’un prêt accordé par Korea Eximbank, lundi. Ce  qui tombe assez mal, compte tenu de la situation actuelle qui prévaut  dans le pays.
Diverses situations sociopolitiques et économiques secouent Madagascar.  Pauvreté, insécurité, désordre institutionnel, climat social tendu,… accompagneront le FMI durant son séjour. En exemple, le mouvement des enseignants-chercheurs, la grève des étudiants, du personnel de la Jirama, la  compagnie aérienne nationale ayant du mal à se redresser, l’inflation galopante des prix amorcée par la plongée de l’ariary…
S’y ajoute le  diagnostic systématique pays 2015 de la Banque Mondiale dénonçant la mauvaise gouvernance qui règne aujourd’hui dans le pays . «  La faiblesse de la gouvernance, associée à une grande richesses en ressources naturelles, peut conduire à une dégradation de l’ordre public comme cela a été remarqué à Madagascar au cours des cinq dernières années ».
La Banque Mondiale a aussi souligné la « fragilité » de l’État: « La fragilité du pays s’est accentuée au cours des dernières années en raison de la criminalité, de l’insécurité croissante, de la croissance rapide de l’économie illicite,… » Des faits qui se vérifient avec la recrudescence des « dahalo », la persistance des trafics illicites, l’inefficacité du système judiciaire… la liste est longue quant aux innombrables défaillances citées dans le rapport. Tant de soucis qui ne risquent guère d’attendrir le FMI.