Ils n’étaient pas encore nés que la musique les ont déjà bercés. Baignant dans les notes et les partitions dès le début de leur vie, Kanty, Tohy et By Ramaroson ont choisi le saxophone comme arme de scène. Ils avancent pas à pas sur les traces de leur père et ses pairs.

De futures étoiles, des talents à suivre. Agés tout juste de 15 ans (Kanty), 13 ans (Tohy) et 12 ans (By), les Ramaroson juniors se trouvent déjà dans la cour des grands. Ayant pour parents l’illustre saxophoniste Seta Ramaroson et Carole Ratefy qui est issue d’une lignée de grands pianistes, faire de la musique semble naturel pour la fratrie. Mais il aura fallu attendre  près de dix ans pour que tous les trois choisissent le sax comme instrument de prédilection.
«  Nous avons pris des cours de piano classique étant enfant, mais tandis que moi, j’ai continué, mes frères ont arrêté. Ce n’est qu’en 2013 que notre père nous ont demandé si l’on veut jouer du sax et nous avons accepté, inconscients  des difficultés et des efforts à fournir », explique Kanty. En ajoutant que c’est son cadet qui a commencé le premier et qu’elle a suivi l’exemple. Le benjamin, quant à lui, faute de sax qui correspond à sa taille, a dû attendre près de deux mois son instrument- une commande spéciale à l’extérieur- epour débuter ses premiers cours.
« Mes aînés ont déjà atteint un certain niveau et j’ai dû les rattraper », indique By. Kanty et Tohy ont choisi le baryton et By se concentre sur le soprano. « Comme c’est ‘Monsieur Seta Ramaroson’ qui nous donne les cours, il est plus strict et sévère   envers nous. Mais cela nous permet d’avancer», poursuit Kanty. En soulignant qu’il faut beaucoup de volonté pour progresser dans le saxophone. « Une à deux heures de temps ne suffisent pas pour les débutants », précise t-elle.
Baptême de scène
Ils jouent  en public, pour la première fois, au culte de Noë 2013 au temple FJKM d’Ankadifotsy et depuis, ils y sont chaque dimanche. « Nous devons répéter près d’une quinzaine de chants par semaine pour le culte. Cela nécessite près de deux heures de répétitions », souligne Tohy. Par la suite, les trois enchaînent divers événements, mariages, manifestations VIP… toujours accompagnés de leur père.
« La scène ne nous intimide  plus. Dès notre jeune âge, nous avons déjà côtoyé ce genre d’endroit. Nous avons donné  des mini-concerts de piano ou même de musique classique. Toutefois, au tout début de notre aventure avec les sax,nous avons craint l’appréciation de nos amis et du public. Mais on s’y fait au fur et à mesure du temps », raconte-t-il. En insistant que ce n’est pas la célébrité qui est importante, mais la musique elle-même.
Outre le saxohone, Kanty  joue aussi du piano classique, tandis que Tohy prend  des cours de contrebasse et de guitare et By se met aussi à la batterie et un peu de trompette. « Dans le monde de la musique, il faut de l’harmonie et du rythme, c’est pour cela que nous avons compléter le sax avec d’autres instruments, tsuivant notre choix », confie Tohy. Et elle poursuit que leur niveau est encore  bien loin de celui de leur père et qu’ils maîtrisent juste les bases du saxophone.
Du gospel et du jazz
Leurs parents évoluant également dans la formation Tana Gospel Choir, la fratrie intègre le groupe en juillet 2014. Comme les répétitions et les rassemblements de la formation se font généralement en soirée, ils n’y assistent donc pas souvent. « C’est papa qui se charge de nous faire répéter et de nous enseigner les nouvelles louanges », confie Kanty. En ce sens, lors des représentations du groupe, By assure quelquefois l’introduction du titre « Mandrakizay ». «  Il s’agit de louange, c’est un peu aussi notre mission auprès du Seigneur », continue Kanty.
A part le gospel, tous les trois font  aussi du Jazz. On les a vus, par exemple lors de la 4e édition du Jazz@ Tohotohobato , du Madajazzcar 2014, de l’événement Jazz Gospel qui s’est tenu au lycée français d’Antananarivo, de l’événement Jazzkids et font partie intégrante du Big Band, « une formation qui rassemble tout un groupe de musicien », explique Tohy. « Le jazz, c’est vraiment un autre univers. Nous avons pu faire des découvertes musicales, mais également beaucoup de rencontres. Nous avons commencé par du blues, puis nous avons évolués dans ce sens. C’est toujours plaisant de jouer différents genres musicaux », renchérit Kanty.
Elle souligne toutefois qu’ils ont un peu du mal à intégrer l’univers musical des jeunes de leur âge car ils baignent plutôt  tant dans le gospel que dans le jazz. «Il m’est même venu l’idée de demander un playlist  à mes amis  car je me  demande si je ne suis pas déphasée par rapport à  ma génération », s’amuse-t-elle à dire.
La musique n’est pas leur seul centre d’intérêt et leurs objectifs futurs ne sont pas des moindres. Les deux frères brillent en athlétisme et sont même médaillés lors de rencontres interclasses de leur collège. « Mon objectif est d’atteindre puis de battre les records d’Usain Bolt ou encore d’atteindre les 8m95 de Mike Powel en saut en longueur », rêve Tohy. Kanty, elle, pense au monde fantaisiste de la beauté, envisageant  de créer  son propre salon d’esthétique, puis de se concentrer sur son autre passion qu’est le dessin. Quant à lui, By qui est passionné de jeux vidéo, se verrait bien un jour dans ce domaine et dans l’informatique. Bref, les Ramaroson juniors concluent que quand on a un talent, il faut foncer à fond pour le développer.

Sarindra Razafindrabe