Après la dernière mission du Fonds Monétaire International qui n’a donné lieu à aucun accord, l’État attend de pied ferme la prochaine visite pour jouer ses meilleures cartes, cette fois-ci, déterminant pour le pays.

Une visite capitale pour le pays. Du 26 mai au 4 juin , une mission du Fonds Monétaire International (FMI) est venue à Antananarivo. Elle s’est entretenue à plusieurs reprises avec les autorités sur la situation économique à court terme et sur les réformes destinées à accélérer la croissance, ainsi que sur l’amélioration  des perspectives de développement à moyen terme, dans le cadre du Plan national de développement. Mais alors qu’on s’attendait à un accord sur de nouveaux financements, au final, il n’en était rien.
La signature de nouveaux accords en particulier, sur le financement d’un programme de réforme, a été attendue. Un résultat consécutif aux efforts fournis par l’État jugé peu satisfaisant par  le FMI.  Figurent, entre autres, parmi les points  soulignés par le  FMI, des recettes fiscales et douanières trop faibles, les dépenses de l’État trop excessives,  un taux de pression fiscale qui n’atteint même pas la moyenne requise autour de 20% alors que le taux de pression fiscale appliqué à ce jour est de 12%, un appareil judiciaire non crédible causant la réticence des investisseurs multilatéraux tels que les géants miniers,…  « Des requêtes tout à fait basiques, mais que le gouvernement n’arrive pas à achever », explique un spécialiste en science politique.  Heureusement, une prochaine visite est prévue en septembre. Ce sera un tournant décisif quant au soutien du FMI pour les années à venir.
Challenge
Malgré les quelques améliorations apportées depuis  par le gouvernement, d’innombrables défis se dressent encore devant lui. En premier de la liste,  le vote de la  loi de finances rectificative qui demeure une épine à son pied. En effet, l’adoption de ce texte devra se faire avant l’arrivée prochaine de la mission du FMI en septembre. Ce sera vu comme un gage de la volonté des autorités à accomplir les requêtes de l’organisation.
Pour l’heure, afin de présenter des résultats
« satisfaisants », l’État procède à plusieurs changements, entre autres, la mobilisation accrue des recettes fiscales à travers les réformes de la politique des impôts et des mesures visant à l’élargissement de l’assiette fiscale et à l’accroissement des recettes douanières. L’amélioration de la composition et l’efficacité des dépenses publiques, de manière à générer un espace budgétaire permettant de soutenir les efforts en vue d’une croissance économique  est  envisagée. La réduction dans les dépenses de l’État à travers la priorisation des besoins, la réduction voire l’élimination de toutes formes de subventions, transferts et paiements qui accroissent les dépenses de l’État, sont des plus urgents.
En outre, un regard sur la bonne gouvernance, le renforcement de l’État de droit et l’instauration d’une justice équitable est incontournable. Quoiqu’il en soit, compte tenu des diverses conjonctures qui prévalent dans le pays, Madagascar ne peut se défaire des institutions financières telles que le FMI ou la Banque Mondiale… Il doit à tout prix redorer son image à l’égard de ces dernières. Ce sont les principales  garanties de la solvabilité ou non du pays aux yeux des investisseurs.

Soa-mihanta Andriamanantena