Le mariage précoce conduit à la grossesse précoce. Ce fléau ruine la vie des mineures et la solution  se trouve au niveau des parents, des éducateurs, des instances étatiques, des leaders religieux et traditionnels ainsi que des associations et organismes de la société civile. Du 22 au 30 août, l’équipe du ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme (MPPSPF) mène une mission dans les régions Sofia et Diana dans le but de rencontrer la population, les Ampanjaka, les autorités locales, les juges des enfants, les associations de femmes et de soulever ensemble les problématiques de la grossesse précoce. La délégation organise des ateliers « Dialogues des acteurs » dans les districts d’Antsohihy, d’Ambilobe, d’Ambanja, d’Antsiranana I et II afin de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de Madagascar qui fait partie des 41 pays du monde où le mariage précoce concerne plus de 50% des mineures.
Trois facteurs expliquent cette recrudescence, dont les pratiques traditionnelles et religieuses qui forcent les parents à marier leurs filles dès l’adolescence, surtout dans les zones rurales. Le ministère communique que « les parents obtiennent des zébus en échange. La paupérisation de la population tend à développer ces pratiques qui poussent les parents à marier leurs filles le plus tôt possible. Selon les statistiques officielles, une fille de moins de 15 ans sur neuf est concernée sur l’ensemble du territoire. D’autant que c’est en 2007 que l’âge matrimonial a été ramené de 16 à 18 ans dans notre pays ». Le second facteur de risque est l’accès des jeunes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (internet, réseaux sociaux et sites dangereux) qui peuvent les inciter à avoir trop tôt des relations sexuelles.
Autrement, l’ignorance des droits et des textes en vigueur amène des jeunes couples à contracter un mariage traditionnel et non enregistré à la mairie. Cette méconnaissance conduit parfois aux actes irréfléchis qui nuisent à la santé de l’épouse mineure. Le MPPSPF révèle l’importance de la lutte contre la grossesse précoce en exhortant la population à se mobiliser, à prendre en compte l’éducation, les campagnes de sensibilisation et la conscientisation des jeunes.