Quand est-ce qu’on peut dire qu’une zone est « rouge », en matière d’insécurité   ?
En général, notre évaluation se base sur les nombres des actes de banditisme et ceux de vols de bœufs enregistrés pendant une période donnée, en milieu rural. Je precise, le monde rural car en général, la gendarmerie n’intervient pas en ville.

Comment expliquez-vous, le cas d’Ankazobe, qui se situe seulement à quelques dizaines de kilomètres de la capitale   ?
Pour le district d’Ankazobe, qui est considéré comme zone rouge en matière d’insécurité depuis longtemps, la principale raison  réside dans sa position géographique. Ce district se situe entre trois districts où le taux d’insécurité rurale est très elevé, notamment en matière de vols de bovidés.
Vonizongo a trois limitrophes avec Betsiboka, Alaotra Mangoro et Bongolava. Ankazobe est une sorte de passage obligé pour les voleurs de bovidés. Il est néanmoins important de vous dire, que ces derniers temps, surtout après l’opération de sécurisation, aucun acte de banditisme n’est enregistré. La Gendarmerie nationale maîtrise la situation. D’ailleurs, la mise en place de la compagnie a beaucoup contribué à la pérénisation de la lutte contre les actes de banditisme.

Hormis les opérations, est-ce que le groupement d’Analamanga que vous dirigez a une strategie à long terme pour mettre fin à ces actes criminels  ?
Comme je vous l’ai annoncé, nous travaillons en ce moment avec une vision à long terme. Nous initions des opérations périodiques et des patrouilles regulières. Nos éléments sont partout, non seulement pour réprimer mais surtout pour la sensibilisation des autodéfenses villageoises et l’éducation citoyenne sur leurs droits et devoirs dans le domaine de la sécurité.

Justement sur ce point,  la gendarmerie d’Analamanga possède-t-elle un effectif suffisants   ?
Je ne vais pas être précis sur ce sujet car, les chiffres sont stratégiques.  Ce que je peux vous annoncer, nous essayons de combler le vide avec les éléments qu’on a à notre disposition. D’ailleurs, les responsables font des éfforts en organisant des recrutements presque annuellement, selon la possibilité financière.  Ce problème concerne tous les groupements de la gendarmerie sur l’ensemble du territoire.

Et le matériel  ?
Encore une autre question délicate à repondre. Nous avons une mission, et peu importe les moyens, nous essayons de nous en sortir. Mais nous sollicitons toujours les responsables de nous les fournir, tant qu’il y a des possibilités. Cette insuffisance de materiel ne constitue en aucun point un obstacle pour l’accomplissement de notre mission. Nous nous adaptons à la réalité. D’ailleurs, notre force  réside surtout dans la discipline et la cohésion.

Mais en tant qu’expert, comment expliquez-vous la défaillance des forces de l’ordre en ce moment   ?
Qui vous dit que nous sommes défaillants   Je ne partage pas cet avis. Certes, il y des moments difficiles pour les forces de l’ordre car certains « dahalo » possèdent aussi des formations en matière de tactique que ce soit personnelle ou en équipe. Il serait possible que des « dahalo » sont des ex-militaires qui ont suivi des formations en ville. Mais, cette situation ne nous affecte pas, nous gardons la tête haute. Nous rassurrons toujours la population, nous maîtrisons bien la situation dans la région. Nous collaborons avec toutes les entités concernées, pour reussir notre mission.

Vous parlez justement d’une collaboration. Ces derniers temps, on observe une divergence de point de vue entre les polices judiciaires …
Dans la région Analamanga, je démens catégoriquement cette remarque. Dans la région de Vonizongo par exemple, là où nous réalisons, ce reportage, il n’y a aucun différend entre la gendarmerie, la police, et la justice. Nous sommes en bon terme, et nous essayons de nous mettre sur la même longueur d’onde afin d’éviter les litiges qui profitent aux malfaiteurs.

Riana Randrianarisoa