Les vols de bovidés ne datent pas d’aujourd’hui. Ils s’inscrivent dans l’histoire de Madagascar.
Des aspects culturels l’expliquent sur lesquels des aspects économiques en politiques se greffent.
Les bovidés représentent, d’abord, un aspect important de la culture malgache et particulier celui du Sud et de l’Ouest. Il est le noyau de la vie socioculturelle car il est toujours omniprésent, lors des cérémonies, des rites, des mariages ou encore enterrement. Ainsi en posséder garantit une place dans la société. D’autant qu’on admet que la position de chacun est fortement corrélé au nombre des zébus qu’il possède. Cela explique en partie que certains cherchent les moyens d’en avoir davantage. Et dans une société faiblement monétarisée, le vol de bovidés devient un phénomène courant. Les gens ne vendent pas toujours leur bétail sauf sous contrainte. Cette situation explique largement sa recrudescence. À l’époque coloniale, par exemple, pendant laquelle chaque homme doit payer la capitation. Pour ne pas vendre son bétail et pour trouver de l’argent, certaines personnes malintentionnées volent leurs voisins. D’autres, par contre, préfèrent dérober  l’État ou menaient des guérrillas contre la présence de l’État, ceux-ci considerés comme oppresseurs. En fait, cet aspect socioculturel se greffe aussi à des aspects économiques. La croissance démographique galopante ainsi que l’urbanisation ont créé une forte demande en viande. Il en résulte une hausse des vols de bovidés car un marché existe. L’explication est simple car elle obéit à une loi économique logique : quand il y a une demande, l’offre suit.

Délit
Néanmoins, le phénomène « daholo » reste du vol donc répréhensible. C’est sur ce point qu’il rejoint les questions politiques.  En effet, on constate qu’à chaque fois que lÉtat s’affaiblit, le phénomène « daholo » se développe. Dans ce cas, il faut prendre en compte deux points essentiels. Primo, il est normal que les bandits de grand chemin en profitent dans un régime faible. C’est le cas dans les années 1970, 1980 ou pendant la période transitoire. Secundo, les éleveurs appartiennent à des ethnies à priori nomades. Ainsi, quand l’État resserre son emprise sur la population en voulant la contrôlant ou la fixant, la population, du moins une partie, exprime sa désapprobation à travers le phénomène « daholo » pour le contester. Il est donc normal que les « daholo » s’attaquent au symbole de l’État notamment ses représentants dont les forces armées.
Actuellement le phénomène a pris une ampleur sans précédente car ses aspects culturels, sociaux économiques et politiques se mêlent. Pire encore, des « daholo » ont reçu une formation militaire. Une partie d’entre eux était des anciens «zazavao» qui n’ont pas été rengagés. Specialement pour la région du Sud de Madagascar où la pauvreté est endémique et où les activités économiques sont faibles, le phénomène « dahalo » trouve des conditions propices à son développement.