En général, la lutte contre les vols de bœufs nécessite une stratégie particulière. Notamment au niveau de la population locale et en collaboration avec des éléments forces de l’ordre. Pour le district d’Ankazobe, en particulier, le groupement de la Gendarmerie nationale d’Analamanga a adopté une sécurisation à long terme et l’implication en permanence de la population locale est vivement souhaitée. Situé à soixante-dix kilomètres de la capitale, ce district est neanmoins, l’une des zones dangereuses en matière d’insecurité, depuis des décennies. Les vols de boeufs, assortis à l’utilisation des armes à feu deviennent de plus en plus fréquents, notamment avant l’opération de sécurisation que le groupement de la Gendarmerie nationale d’Analamanga a entreprise. Une vaste campagne de sensibilisation et des arrestations ont eu lieu dans les villages les plus reculés de la région du Vonizongo, depuis le 13 août. «  Nous avons mis la main sur quarante armes illégales dont vingt-sept fusils de chasse qui se répartissent comme suit : quinze armes authentiques et onze armes de fabrication locale, et quatorze pistolets automatiques. Une trentaine de personnes ont été arrétées avec plusieurs motifs, tels les faux et usage de faux sur les paperasses ou détention et utilisation clandestines d’armes à feu. Un célèbre tueur en serie et un voleur de boeuf  tombent également dans nos filet », explique le capitaine Aro Mahefa Bernard Tonny Rakotonarivo, commandant de compagnie territoriale de Vonizongo.
Hormis les armes à feu, la gendarmerie a également saisi 204 zébus dont 58 sont encore en fourrière. « Nous interpellons une dizaine de personnes dont une est placée sous mandat de dépôt. Nous avons également détruit un fief des dahalo à Vohibato », explique le chef d’escadron,
Les résultats sont prometteurs mais d’après nos recherches, les enquêtes auprès des forces de l’ordre et de la justice s’arrêtent au niveau des intermédiaires. Les malfaiteurs, même pris en flagrant délit, ne dénoncent  jamais les cerveaux et les commanditaires de vols de bœufs. «  C’est une sorte de stratégie adoptée par ces criminels car une fois jetés en prisons, les grands patrons entrent en jeu pour aider ou libérer les personnes impliquées et puis condamnées. C’est pour cela que nous les qualifions de réseau. Il y a toute une chaîne qui travaille pour que les bœufs volés soient blanchis et que les auteurs demeurent impunis », conclut le lieutenant  Mamy Andriamampionona, adjoint du commandant de la compagnie d’Ankazobe.

Riana Randrianarisoa