Madagascar renferme des génies et des talents. Ils poursuivent, pour la plupart, leurs hautes études en biochimie, en génie mécanique, en aéronautique ou en biomédical. Notre jeune ingénieur informaticien choisit les États-Unis pour aiguiser ses connaissances du monde cybernétique.

Jeune, intelligent et compétent. Ces trois mots résument les qualités d’Andy Ratsirarson, ingénieur informaticien malgache qui travaille actuellement aux États-Unis. Après un brillant parcours de quatre ans, entre 2008 et 2012, il  décroche à Nashville son Bachelor-Dual Degree en Informatic System Application et Web Development Application.
Ancien élève de La Farandole, Andy obtient son diplôme de baccalauréat, série C, en 2006. « J’ai voulu devenir pilote car c’était mon rêve d’enfant. Or, les frais de cours sont hors de prix. Indécis, je pensais que ce rêve n’était pas le mien, que c’était juste dû à l’influence du milieu », anticipe-t-il. Il  choisit la filière informatique et étudie pendant deux ans dans un établissement privé. L’annonce d’un concours pour sélectionner des jeunes Malgaches intéressés par les études aux États-Unis  attiré son attention. L’idée d’étudier à l’étranger n’a jamais effleuré son esprit, mais comme tout jeune assoiffé d’aventure, il se lance dans le challenge.
« Je ne sais rien de l’anglais ni de ce que je ferai plus tard. Il m’arrivait de sécher des cours et ce qui me surprend le plus, j’ai réussi le test écrit et à l’oral, les membres du jury ont surtout apprécié la vision d’un candidat. J’étais retenu à l’issue du concours », raconte-t-il avec un grand rire. Une fois aux États-Unis, il intègre l’université de Lipscomb qui propose diverses classes et des cours gratuits variant entre la Bible, la psychologie, la communication.
Féru de chiffres, il choisit l’économie et l’informatique. Son mentor l’oriente, en outre, vers ce qu’il veut faire plus tard. « Le choc culturel a été si flagrant que j’ai eu du mal à assimiler la langue anglaise. Notre professeur vient du Sud et il a un accent particulier. La première classe a été très difficile, car il y a eu des étudiants de toutes les nationalités, des Chinois, des Africains, des Indiens. J’ai eu un ami et sa compagnie m’a beaucoup aidé dans mon adaptation. Sans pratique, on n’y arrive pas », poursuit-il. Maintenant, le jeune parle l’anglais comme il boit de l’eau.
Le premier semestre est consacré à l’accoutumance si les second et troisième semestres sont ponctués de séries de conférences et participations à des ateliers. « À Nashville Council Technology, j’ai découvert les partages et échanges de tous genres. J’ai eu Tod Thederlan, président directeur général (PDG) de la société comme mentor et il m’a donné le bon exemple en me montrant le servant leadership. Il a réparé ma voiture, un signe de modestie et d’humilité. Je crois qu’à Madagascar, un PDG ne se comporterait pas ainsi », relate-t-il. Il effectue un stage au sein de la société, peut tisser des relations et entrer en réseaux avec d’autres ingénieurs.
En 2013, il participe au concours Start-Up week-end et son équipe qui traite le thème de l’éducation, gagne le prix. Cela lui ouvre les portes vers d’autres opportunités.
Andy aime l’innovation et part en quête de nouvelles aventures. Les deux diplômes en poche, il hésite entre les études et le travail. Que faire? Il tente sa chance en quittant Nashville pour Kansas City où il travaille en tant que software chez Cerner Corporation Ingeneer. Il s’occupe des bases de données sur la santé et les patients (suivant le programme Obama Care).  La volonté de parvenir à ses fins le pousse à envoyer son curriculum vitae partout. « J’ai dû en envoyer une trentaine, mais seule une poignée d’entreprises répond.Les grandes sociétés comme Facebook, Google, Amazone, Microsoft et Apple sont intransigeantes sur le recrutement.Amazone m’a contacté et les autres ne m’ont appelé qu’après que je suis reçu dans cette société », confie-t-il.

Expériences
Rien ne s’obtient facilement et Andy relève le défi à cause des recommandations de ses mentors. Il explique que les grandes firmes ont un penchant pour les sortants de Silicon Valley, le top des écoles en matière de technologie.
Loin de ses parents et de sa famille, Andy se débrouille seul. Il vit dans l’indépendance, habite seul, s’organise pour régler la paperasserie et paie des taxes. « En Amérique, les sociétés poussent?les?jeunes?à contracter un prêt dans une banque pour obtenir une facilité de paiement si on veut acheter une voiture, par exemple.?Par?la?suite,?on rembourse tout par mensualité », renchérit-il.
Le jeune homme critique l’absence d’orientation dans les écoles malgaches. Il fait remarquer que les programmes se focalisent sur les théories alors que chaque élève devrait être dirigé sur ce qu’il voudra faire plus tard. Il reconnaît que les Américains ont des compétences et savent très bien les exploiter et les appliquer au quotidien.
Andy se forme et il profite des voyages pour multiplier les?rencontres.?Il?visite presque?tous?les?États d’Amérique, à l’exception d’Hawaï, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Oregon et Dakota. Visiblement, il est sur la trace d’Aaron Swartz, le génie informatique et co-fondateur du réseau social Reddit, Steve Jobs, le fondateur de Apple, Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social facebook, ou encore de Bill Gates et Paul Allen, les co-fondateurs de Microsoft.

Farah Randrianasolo