Parti d’une simple passion du dessin, amateur de photographie, Anjara Randriamahaly compte parmi le monde du cinéma malgache à venir. Ayant accumulé des expériences auprès des cinéastes malgaches, il vole désormais de ses propres ailes.

Ambition et envie de découverte. À 24 ans, Anjara Randriamahaly, Anjara pour ses amis, étudiant en informatique, se présente comme une étoile montante du septième art. Issu d’une famille modeste et héritant d’un grand talent artistique, le jeune homme partage avec ses deux frères aînés la passion cinématographique.
Longtemps resté dans les coulisses du cinéma, il est prêt à relever les défis dans les réalisation de courts-métrages, d’acquérir plus d’expériences et de connaissances dans la monde du cinéma.
Depuis son enfance, il est attaché particulièrement aux dessins, à la photographie et la musique. Dorénavant, le jeune homme a développé ses propres talents artistiques. Par la suite, il accroît l’intérêt au cinéma. «Tout petit, j’ai toujours été passionné par l’art ce qui m’a propulsé davantage à chercher mon identité artistique », affirme Anjara. Ainsi, l’attachement au dessin lui promeut une attention typique dans le septième art.
Un grand pas
Le cadet a toujours soutenu son frère dans la réalisation des films. Ses premier pas ont eu lieu au quatrième Festival de la rencontre film-court (RFC) en 2009 où il était le co-réalisateur du film d’animation «Le pré» ou « Sokaky » de Sitraka Randriamahaly. Son rôle était de mettre  l’accent sur la bande de son et  la qualification des images. Une réussite fascinante pour une première  production fraternelle qui remporte le deuxième prix de l’année grâce à la belle complicité entre les deux frères. Les deux frères remportent aussi le prix du Zébu d’or du film d’animation « La petite fenêtre » en 2010. Également dans la même catégorie, ils gagnent  le prix du meilleur film en 2011 avec« Hazalambo ». De belles expériences pour le jeune cinéphile.
Sa collaboration avec le cinéaste lui permet d’engranger  plus de connaissances, d’apprendre notamment des procédés de réalisations et production de courts-métrages. En 2014, il participe aux rencontres du film court avec son premier film documentaire « La voie de l’instrumentiste ». Optant pour le genre documentaire, Anjara est autodidacte et approfondit ses connaissances à travers des échanges avec d’autres réalisateurs. « Le film à caractère documentaire me convient le mieux.  C’est admirable  car il promet déjà une magie dans la production », souligne-t-il.
A Madagascar, il n’existe pas encore d’écoles de cinéma, et pour nos cinéastes le partage d’expériences et les échanges de connaissance constituent les meilleures leçons sur la production cinématographique. Les RFC promeuvent les cinéastes et les films  malgaches.
Le saut
« Mon premier film, « La voie de l’instrumentiste » en 2014 n’a pas remporté un prix. En revanche,  il m’a beaucoup aidé au niveau de la réalisation   d’un film documentaire.  En outre, c’est un tremplin pour une nouvelle production » résume Anjara.

rencontre
Réaliser un film documentaire requiert un maximum de sensibilité, autrement dit une analyse de la réalité. « On met en évidence le réel. Certes, il y a des mises en scène, mais on se retrouve souvent dans les attitudes habituelles de la personne étudiée », ajoute-t-il. Dans la production, il ne suffit pas d’avoir le dernier cri de la technologie, car l’originalité de l’oeuvre la rend authentique, compréhensive et en même temps une découverte pour le public. « Dans le documentaire, l’important est d’apercevoir et de traduire avec réalisme ce qui est. Cela demande des travaux ardus surtout quand on veut être le meilleur. »
En 2015, avec le « Le filet de lettres » Anjara raconte l’histoire d’un jeune plasticien pêcheur de lettres Un synopsis illustrant l’anecdote de Temandrota qui est à la recherche de matières premières  pour créer des œuvres à base de textile. De plus, il nous éclaire sur l’art plastique et son travail.
C’est un film original, avec un scénario bien étudié, qui mérite une belle récompense pour le réalisateur , car il est élu meilleur film court-métrage dans la catégorie documentaire de 2015. « Déployer les connaissances à travers les expériences du cinéma, collaborer autant avec les cinéastes de la génération RFC, regarder mes films à l’international restent mes plus beaux souhaits », résume le gagnant du Zébu d’or. Autres projets:  réaliser un autre film documentaire cette année et écrire un scénario de fiction dans les années à venir.

Hanitriniaiana Henintsoa Rakotondraibe