Peintre voyageur qui prend son temps pour retranscrire sa vision et son vécu d’un pays à l’autre, Camille Richard se présente comme un artiste intemporel.

Artiste atypique. Son talent en peinture n’a d’égal que sa maturité et son expérience en la matière. Camille Richard s’affirme avant tout, comme un vrai passionné d’art en général, surtout dans l’illustration qu’il affectionne le plus. Ardent photographe à ses débuts, l’artiste apprécie de figer le temps et les paysages qu’il voit à travers son appareil. Un savoir-faire qu’il sait retranscrire sur ses toiles des années plus tard, puisque Camille Richard, sortant des Beaux-arts de Paris, manie aussi bien le pinceau, la spatule et la peinture à l’huile que son appareil photo.
Expérience
Autant à l’étranger qu’ici même dans la Grande île, où il décide de poser de manière sans doute définitive, ses valises, il y a plus d’une dizaine d’années. Le peintre parcourt le monde en quête d’un paysage ou d’un portrait à illustrer sur ses toiles depuis plus d’une trentaine d’années.
À Paris, j’ai exercé déjà en tant que peintre, mais je ne me suis pas senti aussi épanoui que je le suis ici. Le fait est que là- bas, nous sommes assez nombreux à nous appliquer autour de ce domaine artistique et je m’y suis un peu perdu. Dans la Grande île, je me sens plus comme chez moi et le paysage national m’inspire sans cesse , confie l’artiste.
Camille Richard a une grande expérience dans le domaine de la peinture et se sent comme un poisson dans l’eau dans la Grande île où il découvre et apprécie les artistes nationaux. « J’affectionne particulièrement Madagascar, parce que c’est un pays riche en images et qu’en tant qu’artiste, il suffit de porter un regard neuf sur les choses pour mieux détecter ses beautés. C’est sans doute pourquoi je trouve les peintres malgaches tout aussi talentueux les uns que les autres ».
L’artiste habite et réside en Angleterre durant deux ans, puis en Égypte où il approfondit ses connaissances en peinture, mais c’est en fait l’Île rouge qui lui tient le plus à cœur. Camille Richard expose en ce moment, une bonne douzaine de ses œuvres, à l’Hôtel Le Louvre à Antaninarenina, jusqu’à la fin du mois ; créations entre divers paysages et des portraits aussi colorés que transcendants, où maîtrise et passion se conjuguent et se reflètent à merveille. Une occasion pour lui d’aller de nouveau à la rencontre du public et d’échanger autour de ses toiles. Celles-ci datent des années 1980 à la décennie 2000. « Je suis moi-même un grand admiratif des peintres malgaches dont j’ai toute une collection, des toiles originales de Ralambo, de Ramanakamonjy et de Ratovo, je les considère comme étant des tableaux de maîtres » affirme-t-il.
En tout, Camille Richard réalise trois expositions de grande envergure à Madagascar, dont une au « Côté Jardin » à Alarobia. Le public malgache est affamé d’art plastique aujourd’hui. Néanmoins, l’artiste regrette que le marché de l’art à Madagascar reste aussi difficile. « L’activité artistique, notamment concernant la peinture,
demeure reléguée au deuxième plan dans l’île, alors qu’il mérite de se faire valoriser. Ainsi j’incite mes camarades artistes à persévérer pour se faire valoir », conclut-il.

Andry Patrick Rakotondrazaka