Jeune, elle l’est. Femme, dans nul doute. Militer en faveur de la jeunesse malgache est l’une de ses raisons de vivre. Elle s’est engagée et en a fait la promesse. Lalaina Randriarimanana, un exemple de réussite dans l’activisme.

Si Athéna était malgache, elle s’incarnerait en Lalaina Randriarimanana. À peine la trentaine d’années, la coordonnatrice d’association Liberty 32 a réalisé plus que les dirigeants du pays ont prévu de faire. Issue d’une famille modeste, Lalaina vit comme tout citoyen lambda. Au cours de ses études, elle n’a fréquenté que les établissements publics. Depuis l’école primaire jusqu’à l’université. Elle en est reconnaissante. Comme le dit la chanson d’Amel Bent, «Fille d’un quartier populaire, elle y apprit à être fière».
La Journée internationale de la jeunesse a été célébrée sous le thème «engagement civique» cette année. Pour l’expert en économie et développement social, l’engagement civique est une lutte au quotidien. «Je travaille pour une cause et pas seulement pour la finance», annonce-t-elle pour parler de son métier. La consultante fait face à différents obstacles dans la lutte en faveur des jeunes. « Le fait d’être jeune et femme est déjà un blocage. Les gens ont tendance à préjuger sur l’apparence, surtout quand nous avons des postes à responsabilités», indique-t-elle.
Cela ne l’empêche guère d’avancer. Ni la taille ni l’âge ne définit la grandeur, dit-on. Lalaina Randriarimanana s’est ainsi inspirée du moustique en guise d’encouragement. «Si tu crois que tu es trop petit pour avoir un impact, passe une nuit en tête à tête avec un moustique», dit le proverbe africain. Tel un moustique en dynamique permanente, les actions de Lalaina font tache d’huile. Elles ne laissent personne indifférente à son passage.

Maman
Rien n’arrive par hasard. L’activisme de Lalaina a eu des antécédents. À l’école, elle a brillé par ses notes et son sens de responsabilité. En grandissant, elle a intégré l’association des éclaireuses. Mais le destin en a décidé autrement. Elle deviendra cheftaine des scouts protestants, Tily eto Madagasikara, à l’âge de 14 ans. Lalaina s’est forgée au sein du mouvement. L’année 2006 l’a marqué par l’appel à devenir membre du bureau national de l’association. Elle a été plus mûre par rapport à son jeune âge.
«Le scoutisme m’a forgé à devenir ce que je suis actuellement», reconnaît la fidèle lectrice de Lala sy Noro. Sa famille est aussi, en grande partie, responsable. « Mes parents m’ont inspirée. Mon père est syndicaliste, il a participé activement dans les mouvements populaires. Ma mère possède l’art de l’écoute et le sens du dévouement. Ils ne sont pas le genre de parents moralisateurs, mais leurs actions m’ont encouragée à prendre la relève», poursuit la jeune leader.
En poursuivant son bonhomme de chemin, Lalaina Randriarimanana tisse des relations, renforce ses capacités. Ce qui lui vaut le volontariat en Corée du Sud en 2010. Une expérience qui lui fracture le pied. « J’y étais pendant six mois. Enseigner l’anglais et la culture malgache était ma mission. À cause d’un accident après deux mois de séjour, j’ai porté des béquilles durant les deux mois suivants. Or, les Coréens sont des travailleurs acharnés. J’ai dû relever ce défi de poursuivre ma mission jusqu’au bout, malgré mon état de santé. Cette expérience m’a beaucoup appris!», raconte-t-elle, nostalgique.

Ambitieuse
Eternelle étudiante, elle essaie tout pour militer en faveur des droits de la jeunesse malgache. D’où ses actions au sein de Liberty32. Aujourd’hui, Lalaina Randriarimanana fait partie des jeunes leaders influents du pays. Elle forme les apprenants leaders dans différentes organisations, inspire les jeunes comme elle. Telle la couleur bleu du ciel, il y a tant à voir et à imaginer dans la personnalité de Lalaina.
Douce, souriante, mais derrière ce masque charmant se cache une lutte quotidienne, un combat sans fin. Dans son corps fin se développe une volonté de fer à basculer l’avenir corrompu des jeunes. «Vivez pour la communauté. Votre famille n’est pas Madagascar. Soyez plus ambitieux que de trouver du travail et de gagner de l’argent, c’est l’ambition de votre famille et pas celle de votre pays. Soyez riche en relations et non pas seulement en finances», termine-t-elle pour encourager les jeunes.

Harilala Vololonarivo