L’annuel défilé de mode de la rentrée se passe dans chaque école. Celui des élèves portant les nouveautés de la saison. Cartables, chaussures, tabliers, toute une panoplie pour ravir les yeux avides de nouvelles tendances.

Les vacances sont finies. Les enfants s’impatientent de retrouver leurs amis de l’école. Ils s’empressent de montrer leurs cartables, les chaussures toutes neuves et les fournitures nécessaires. « J’adore les couleurs jaunes et rouges ! », s’exclame Hugo, un garçon de 6 ans, qui tient une palette de gouache dans ses mains. Le petit Hugo fait la course aux fournitures scolaires avec sa maman à Analakely. « Je lui propose plusieurs produits et c’est lui qui choi-sit », affirme Nivohanta Rakotosaona, sa mère.
Il est mercredi après-midi, les cours sont suspendus dans les établissements qui ont déjà commencé l’année. Il est temps pour les parents de faire les courses avec les enfants. La tendance de cette année, ce sont les gadgets qui portent des images de héros de films d’animation. « Les cartables «œufs» sont les nouveautés de cette saison. Leurs images sont en relief, en 3D. La reine des glaces, Violetta et Flash McQueen sont les plus prisés », affirme Tokiniaina Luc, vendeur. Les anciens personnages ne sont pas pour autant démodés.

Renaissance
« J’adore Dora! Elle est belle et gentille », s’exclame Jenny Stéphanie, en classe de onzième dans une école privée. « Le fait de la laisser choisir son cartable comme une adulte, facilitera sa reprise des cours. Elle sera pressée d’y aller pour montrer son cartable Dora, ses nouvelles chaussures à ses camarades. Voilà pourquoi j’ai accepté qu’elle fasse elle-même le choix de ses fournitures », explique Lantonirina, sa mère. Le prix d’un cartable oscille entre 15 000 ariary et 50 000 ariary, selon la taille, la qualité et l’image du héros affiché.
Outre les héros de films, la forme et les grandes marques attirent aussi la clientèle. La bandoulière, par exemple, séduit les adolescents. « J’adore sa simplicité et sa légèreté », affirme Hasina, en classe de sixième. On le porte sur l’épaule et vous voilà prêt pour la journée. La liberté des mains est l’avantage du sac en bandoulière. D’ailleurs, son côté chic, mais qui s’adapte à toutes les tenues, convainc de plus en plus les jeunes filles à le porter davantage. « Il coûte moins cher que les  cartables, à partir de
10 000 ariary », annonce Hervé Rakotovao, marchand de sacs. En ce qui concerne les grandes marques, Maped est en première place des fournitures scolaire et coûte aussi le plus cher. Entre les contrefaçons et les vraies, aucun moyen de détecter la différence. « Les crayons Conté refont surface, la gamme Maped se multiplie. Ce sont les deux marques les plus remarquées. Une boîte de douze crayons de couleur coûte, le plus cher 15 000 ariary et  le moins cher 1 500 ariary », précise Tokiniaina Luc.
Reconnue pour sa qualité et sa durabilité, la marque allemande est devenue une sorte de référence pour les écoliers. Autrefois, elle n’était dédiée qu’aux privilégiés, tant qu’elle se vendait dans les magasins spécialisés. Aujourd’hui,?toutes?les couches de population peuvent se procurer des produits de marque grâce à sa vulgarisation dans les rues de la capitale. Pour la marque Conté, il s’agit d’une contrefaçon depuis qu’elle a été rachetée par Bic en 2008.
Budget
La course aux fournitures scolaires est parfois un vrai calvaire pour certains parents. Le choix des articles est un souci. Le budget en est un autre. D’où l’éternelle négociation entre parents et enfants devant l’éventaire des magasins. C’est le cas de Sahondra Rabenandrasana et son fils de 7 ans. Le petit garçon touche à tous les articles qui l’intéressent. Il insiste d’avoir les stylos, règles et crayons d’une grande marque. « Nous n’avons pas les moyens pour nous en procurer. Je suis entrée dans le magasin, juste pour voir et comparer les prix. Cependant, mon enfant ne veut pas savoir s’il nous manque de l’argent. Il le veut et persiste dans son caprice», regrette Sahondra.
Perdant patience, elle l’entraîne vers la sortie du magasin à toute vitesse. Le petit garçon suit sa mère, l’air frustré. Toutefois, la qualité vaut plus que l’accessibilité pour certains. « Je préfère investir dans un cartable plutôt que d’en acheter deux ou trois fois dans l’année. J’ai payé 45 000 ariary pour ce cartable rose Violetta, car ma fille aime beaucoup cette série », explique Aina Rasoa.
La faculté de choisir est aussi un avantage. Fatou Sivanase, originaire de Morondava, est ravie d’avoir un large choix sur les fournitures qu’elle choisit pour ses filles. « Je profite de nos vacances dans la capitale pour acheter les fournitures scolaires. Nous avons eu la chance de comparer plusieurs produits, puis d’en acheter selon nos budgets », explique-t-elle.

Harilala Vololonarivo