« J’ai exercé ce métier depuis une vingtaine d’années. Au début, j’ai travaillé avec des machines simples pour la couture non-industrielle. Mais après les crises qui se sont succédées à Madagascar, il y a eu des entreprises franches qui ont mis en vente des matériels de confection de seconde main. À cette époque, le prix d’une machine tournait autour de 300 000 à 400 000 ariary . Actuellement, ce prix grimpe jusqu’à 600 000 ariary et avec ou sans budget pour être compétitif sur le marché, il faut investir dans le sens de l’amélioration de la capacité de fabrication. Et cet investissement affecte considérablement les profits obtenus par l’entreprise. Maintes fois, j’étais obligée d’insérer d’autres épargnes pour faire face à la demande du marché. Malgré tous ces  problèmes, l’atelier a quand même pu tenir le coût et a pu augmenter le nombre des employés. Ce qui est toujours un plus car je participe à l’amélioration des conditions de vie des gens en leur offrant du travail. Le seul problème que je n’arrive pas à maîtriser, c’est la coupure de la fourniture d’électricité qui dure des fois deux heures de temps. Et un arrêt de travail de cette durée, pour chaque unité de production, affecte énormément la fabrication. Heureusement que la majorité des clients comprennent ce problème et donnent un délai supplémentaire de livraison. À la veille de la rentrée scolaire, l’atelier est tellement inondé de commandes de tenues scolaires. Et Dieu soit loué, cette pratique est devenue très courante de nos jours. Un seul établissement peut commander jusqu’à 600 tenues, une charge en plus pour les parents, mais une affaire juteuse pour nous. »

Christian Rija