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 Tintin Ravonison : Du tempérament au service du patriotisme


 
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Tintin Ravonison, le surnom est accepté avec enthousiasme par celui qui le porte. « Ma ressemblance avec le héros de bandes dessinées, né sous les crayons du génial belge Hergé, était telle que je m’incruste sans le moindre regret dans la peau de ce personnage imaginaire qui avait bercé la jeunesse de nombreuses générations dans le passé et certainement pour le futur, avec l’association de ces œuvres aux prouesses des nouvelles technologies de l’information. »

C’est avec un sourire malicieux que Tintin Ravonison nous reçoit chez lui, du côté d’Alarobia, dans une demeure alliant architecture moderne et respect de la tradition. À l’image de celui qui a longtemps vécu à l’étranger, sans renier ses origines, tout en étant ouvert aux évolutions dictées par la mondialisation.
Affable, courtois et plutôt bavard, il est facile de l’aborder pour entamer les discussions sur un sujet. C’est ainsi qu’il explique ses derniers raids médiatiques par le souci de sortir le pays de ce sable mouvant dans lequel il est englouti voilà bientôt quatre années, sans qu’une solution acceptable par tous les blocs politiques en conflit soit mise en œuvre. « J’ai agi en tant que simple citoyen. Sans une arrière-pensée politique pour l’obtention d’un quelconque poste bien rémunéré et générant des avantages matériels, alors que la majorité de la population croupit dans une pauvreté extrême. » À la tête des « Pro-Tanindrazana », pour la Nation, il prône le patriotisme et non la xénophobie. À l’entrée de sa maison, on peut voir flotter le drapeau national hissé sur le toit. Comme il se plaît à le dire, « les défis, je les relève et je ne lâche jamais ».

Impressionné

Dans un moment de « folie », il a décidé d’aménager et de transformer son quartier d’une vingtaine de toits en un lotissement coquet digne d’un quartier résidentiel, jusqu’à la construction de deux grands portails genre Arc de Triomphe pour ne pas dire des portails royaux, vu la stèle de granite érigée à l’entrée principale de « son quartier » … Monsieur Tintin a la culture du beau, il est respecté, même craint, et sûrement jalousé et envié dans son village natal. En tout cas, on est surpris, étonné, impressionné… quand on franchit le fameux portail royal, osons le dire, pour accéder à son domaine.
Sa cuisine préférée c’est le « nahandro gasy » (recettes malgaches) et son péché mignon, le « hen’omby sy anamamy » (viande de bœuf accompagné de cette sorte de brède). Il cuisine comme un chef quand il veut. Avec fierté, il prétend que Manankasintsara (Madagascar) est le seul pays au monde capable de s’autosuffire du point de vue alimentaire, en précisant que si nous ne faisons pas attention à toutes les propositions alléchantes pour rentrer dans les cultures intensives et organisme généralement modifié en tous genres, ce sera fini pour nos descendants. « Nous n’avons rien à envier aux autres pays de la planète, nous avons tout ce qu’il nous faut pour vivre heureux… Cela dit, entendons-nous bien, l’ouverture sur le monde est plus qu’indispensable pour le développement économique et social du pays. Toutefois il est impératif que l’échange soit équitable. »
Par sa franchise, sa verve, et son sens de la répartie, il a toujours impressionné ses interlocuteurs. Au point que Tintin Ravonison est devenu un homme du sérail, au gré des changements à la tête du pays. « Mais il n’est pas de ceux qui revendiquent un retour d’ascenseur pour services rendus », témoigne un habitué des cabinets ministériels. Il gravite autour de la haute sphère politique, avec une certaine régularité, faisant parfois des jaloux. « Quand j’ai déclaré que la situation actuelle pourrait devenir intenable et déboucher sur une explosion sociale, par la combinaison de l’inflation à l’insécurité, beaucoup n’y croyaient pas. Aujourd’hui, à Toamasina, on constate une montée inquiétante de la contestation, sur fond de discrimination raciale. »
Mais l’univers de Tintin Ravonison ne se limite pas aux préoccupations politiciennes et au monde des affaires où il est aussi une forte personnalité. « Sa fougue et son impulsivité peuvent parfois déranger les âmes sensibles. Ce sont des qualités requises pour être écouté et pour se faire entendre », admet un de ses collaborateurs. Car il est un bon vivant, appréciant les sorties avec ses amis. Ou passer de bons moments à la maison où un espace a été spécialement aménagé pour le karaoké et autres divertissements musicaux. Il écoute volontiers les immuables succès de Frank Sinatra, de Ray Charles, et de ceux et celles qui ont fait carrière dans le jazz.

Famine

Pour autant, Tintin Ravonison refuse l’étiquette qu’on lui colle facilement, d’être un bourgeois à l’abri des besoins. Un cigare à la main, il rétorque : « Je ne suis ni aveugle ni sourd pour ne pas ressentir ce que le peuple endure. Je suis passé par là… j’ai vécu une enfance malheureuse, suis tombé dans les pommes maintes fois à cause d’un ventre creux (la famine) et pour compenser le vide dans mon estomac, je me nourrissais de goyaves, de mangues, de pêches… « chapardés » dans les vergers d’Alarobia et de Tsarasaotra (l’île aux oiseaux)- qui abrite la résidence du représentant de l’Union européenne actuellement- suivant les saisons… Je me souviendrai toute ma vie de ce vol de tubercules dans un champ de manioc qui m’a valu une sanction magistrale de mon père et du chef de village de l’époque. Bref !! Voilà pourquoi, je ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. L’injustice d’où qu’elle vienne, je ne la supporte pas. » C’est ainsi que se résume son état d’esprit.

 
Par : Eric Ranjalahy
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