Une hausse spéculative du prix du riz
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Les consommateurs sont en plein désarroi. Le prix du riz sur le marché local grimpe à une vitesse vertigineuse. Une hausse d'au moins 5 % a été constatée ces deux dernières semaines. Mais bien qu'on soit en pleine période de soudure, une nette augmentation a été entregistrée cette année comparée à celle de 2010. D'après l'observatoire du riz de Madagascar, la tendance haussière s'est déclenchée en juillet, le riz blanc affiche un surenchérissement de 1 à 2% par semaine.
Les effets conjugués de l'épuisement des stocks et une période de soudure assez précoce expliquent la situation actuelle. Un avis qui est loin d'être partagé par les économistes. Pour ces derniers, la volatilité du prix du riz sur le marché national est imputable à une manœuvre spéculative. Roger Ralison explique les causes sous-jacentes de cette hausse : « On revient toujours à la gestion de stocks quand on évoque cette hausse illogique du prix du riz. Comme c'est le paramètre le plus déterminant, il s'avère nécessaire d'avoir des informations relatives aux stocks par exemple celles liées à la sécurité ou même au dumping ». Toujours selon ce dernier, la production nationale suffit tant bien que mal à couvrir la demande. « Effectivement l'offre en la matière existe et elle est suffisante. Malheureusement les spéculateurs tirent au plus haut le prix du riz. Le problème est qu'il n'y a aucune mesure de contrôle pour réguler ce marché. Par conséquent, le laisser-aller règne dans le milieu. De même les importations du riz doivent être suivies à la loupe », a poursuivi notre interlocuteur.
Sur les importations, le volume de riz importé cette année a atteint son plus haut niveau. De janvier à septembre, le pays a importé près de 120 000 tonnes équivalant au total de 2010. Pour bon nombre d'observateurs, les importations ne constituent pas la solution idoine à ce problème récurrent du riz. L'accroissement des importations induit à une situation de surtockage en l'absence d'informations fiables. Ce qui favorisera les spéculations. Raison pour laquelle l'ancienne ministre du commerce, Eva Razafimandimby a tenu à évaluer les besoins réels en importations. Des risques se présentent à l'heure où le marché international montre des incertitudes. Les inondations au Pakistan ont provoqué un grand déséquilibre. Le cours mondial du riz a affiché une hausse avoisinant les 7%. Combler le déficit par les opérations d'importation ne sera pas chose facile. En attendant la mise en place d'un véritable service de protection des consommateurs.

 
Par : Ny Aina Ravoahangy
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