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Conjoncture – Des relations au beau fixe avec le FMI

Madagascar sur la bonne voie. Lors d’une conférence de presse au ministère des Finances et du budget il a été annoncé que le pays a rempli la majorité des conditions pour obtenir de l’aide financière par le Fonds monétaire international

Une délégation du Fond Monétaire International (FMI) a effectué une mission d’évaluation à Madagascar, dirigé par Marshall Mills, dont l’objectif est d’envisager une troisième revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). D’une manière générale, tous les indicateurs semblent être en faveur du pays pour que cet accord soit revu pour la troisième fois. Durant la mission d’évaluation du 14 au 28 mars, la délégation de la FMI a procédé à différentes discussions avec différentes parties. « Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par le FEC restent dans l’ensemble satisfaisants. Sur la base des données actuelles, tous les critères de réalisation quantitatifs pour fin décembre ont été remplis, pour la plupart d’entre eux avec des marges importantes. En particulier, l’accumulation des réserves et le solde budgétaire ont continué de dépasser les objectifs fixés par le programme » a déclaré Marshall Mills durant la conférence de presse.

Attentions

Néanmoins, quelques points restent à revoir malgré les efforts déjà déployés pour requinquer la stabilité économique malgache, parmi lesquels, figurent la révision du prix du carburant ainsi que la subvention de la société Jirama.
Concernant les prix à la pompe, le FMI conseille à l’Etat un réajustement progressif des prix en vue de les aligner sur les prix mondiaux et d’éliminer la multitude d’engagements de l’Etat envers les distributeurs de carburant d’ici la fin de l’année. Selon la ministre des Finances et du budget, Vonintsalama Andriambololona, des négociations sont en cours avec les pétroliers. « On discute aujourd’hui avec les pétroliers pour l’ajustement de la structures des prix. Les négociations ont commencé depuis l’année dernière, il y a eu une première étape pour trouver un consensus mais les négociations continuent encore » a-t-elle soutenu. Elle a par ailleurs ajouté que d’ici quelques mois un accord définitif par rapport à ce problème doit être trouvé aux termes des pour- parlers avec les pétroliers.
Pour ce qu’il en est de la Jirama, ses difficultés financières portent un coup sur les finances publiques malgré le plan de restructuration de la compagnie qui semble être pourtant ambitieux. Selon Marshall Wills, « Les pertes importantes enregistrées l’an dernier aggravées par la sécheresse ont dépassé les transferts inscrits au budget, ce qui accentue la pression sur les ressources publiques. Pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale, Hervé Rasolofondraibe a annoncé « l’augmentation de la subvention accordée à la Jirama par la hausse des cours du baril du pétrole sur le marché international ». La mission a conclu que le niveau de transfert qui est inscrit dans la loi de finances ne sera pas suffisant pour que la Jirama exécute valablement son exploitation pour 2018. Il est envisagé d’apporter des subventions supplémentaires pour la Jirama. Et s’agissant d’une augmentation de crédit, on sera amené à faire une loi de finances rectificative pour cette année » a déclaré Vonintsalama Andriambololona. Elle a par ailleurs ajouté que la Jirama est toutefois sur la bonne voie de redressement. « L’objectif est d’arriver à l’équilibre d’exploitation de cette société en 2020. La Jirama fait des efforts importants en matière de maîtrise
de ses coûts » a-t-elle soutenu.

Par Loïc Raveloson