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Crise politique – Le gouvernement de combat bat en retraite

Olivier Mahafaly, contre mauvaise fortune bon cœur

Par les interférences de la Haute cour constitutionnelle, HCC, les grèves des syndicalistes, la formation d’un nouveau gouvernement semble inéluctable. À l’heure du bilan, l’équipe du Premier ministre Olivier Mahafaly sort avec plus ou moins de succès

Olivier Mahafaly peut déjà se frotter les mains. Il détient le record de longévité à Mahazoarivo sous la quatrième république. Ses deux prédécesseurs, Roger Kolo et Jean Ravelonarivo n’ont tenu qu’une année et quelques mois. Lui a dépassé cette dose prescrite. Comme acquis, il peut citer la normalisation des relations avec les bailleurs de fonds. Le programme conclu avec le Fonds monétaire international, FMI, a abouti à l’octroi de 310 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit, FEC, à décaisser par huit tranches.

améliorations
Mais à chacune de ses visites d’évaluation, l’émissaire principal du FMI, Marshall Mills arrive toujours à des déductions positives de la situation macro-économique avec ses principaux indices. Pour ne citer que le taux d’inflation en glissement annuel, revenu en deçà des 8% après avoir flirté avec la barre des deux chiffres. La baisse sensible des prix du riz en témoigne. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, la Direction générale des impôts, DGI, vient de noter une nette progression des recettes fiscales par rapport aux prévisions de la loi de finances.
Quand on sait qu’il s’agit du tendon d’Achille de l’économie nationale, cette performance passe pour être un véritable exploit. La situation politique assez tendue risque de tout remettre en cause. Alors que la bénédiction du FMI a ouvert les vannes des autres financements. Les travaux d’extension du port de Toamasina par la coopération japonaise ont démarré. Tout comme ceux des barrages devant irriguer 10 000 hectares de rizières dans la lac Alaotra, toujours avec l’aide nippone. Des investisseurs privés commencent à affluer. Par exemple, le consortium international réhabilitant et rénovant les installations des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be. Ce sont plutôt des projets présidentiels mais le gouvernement a apporté sa part de briques à l’édifice. Ce ne sont pas les 60 000maîtres-Fram recrutés au sein de la Fonction publique qui vont contredire cet état de fait. Des réalisations qui dissimulent à peine les carences manifestes. À commencer par le délestage qui a duré bien au-delà du délai prévu pour le résoudre. L’insécurité grandissante alors que des Forces spéciales ont été déployées dans des localités classées « zones rouges ». La recrudescence des vindictes populaires, une manifestation d’un ras-le-bol certain sur les dysfonctionnements du système judiciaire. L’évasion à peine croyable d’Houcine Arfa l’atteste.

Points noirs
S’y ajoutent la gestion tatillonne de l’épidémie de peste urbaine, les scandales en tous genres, la lutte en demi-teinte contre la corruption, le séjour des députés et des membres du gouvernement au Paon d’or ayant signé la mort de la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif, la maltraitance infligée aux opposants ou supposés comme tels qui a pris fin le 21 avril sur la Place du treize mai.
Le futur gouvernement aura surtout la tache de mener à terme le processus électoral. Mais la présentation du nom du Premier ministre soulève une vague de polémiques par les fausses interprétations de l’article 54 en la matière. Le risque de tout reprendre à zéro guette les membres du «  gouvernement de consensus ».
Un panier à crabes qui arrange tout le monde mais ne convient à personne. Le passé récent l’a prouvé mais les politiciens vont encore retenter l’expérience. Au détriment de l’intérêt supérieur de la nation. Mais au profit de leurs petites personnes.

Par Eric Ranjalahy
Photos : L’Express de Madagascar