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Environnement – Restauration des forêts de mangroves 

La conservation du capital naturel pour la prospérité économique et sociale des populations des régions Menabe et Melaky 

Surexploitées, les mangroves de Manambolo Tsiribihina, dans la Région Menabe ont souffert d’un défrichement au profit d’une agriculture principalement rizicole sans parler des coupes illicites et excessives pour les bois de construction, production de charbon de bois, surexploitation des ressources (poissons, crustacés), catastrophes naturelles (cyclones). Autant de facteurs incontrôlés qui, depuis les années soixante et soixante-dix ont conduit à la disparition totale des mangroves dans cette partie du pays. Ainsi, des moyens et des efforts ont été mobilisés pour conserver les mangroves de Manambolo Tsiribihina depuis près d’une dizaine d’années.

 

Crabe ou poisson, la pêche est l’unique activité qui fait vivre en bord de mer _

Bénéfice socio-économique

Piloté par le fond mondial pour la nature (WWF) le projet de restauration des forêts de mangrove dans les régions du Menabe et du Melaky se donne pour ambition d’atteindre une remise à l’état de la biodiversité et les services écosystémiques des mangroves de Manambolo d’ici l’année 2020 de manière à offrir des bénéfices socio-économiques aux communautés locales environnantes. D’ailleurs, depuis 2017, au moins 50% des mangroves denses de Manambolo sont préservées et 15% des sites dégradés restaurés. Tandis que les filières « poissons » et
« crabes » sont devenues des activités durables et génératrices de revenus. Par ailleurs, les mangroves jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes : elles freinent l’érosion et protègent les côtes lors des tempêtes. Les écosystèmes côtiers qui sont associés aux mangroves intactes ont une plus grande résilience face au changement climatique. Les mangroves servent également d’habitat, de zone de reproduction et de nourrissage pour de nombreuses espèces, comme les fameux crabes des mangroves dont dépendent les familles du village de Manombo.

Quand les mangroves se désèchent, le paysage se désole

Communauté engagée

Pour ce faire, le WWF a mené des campagnes de sensibilisation et de communication relatives à l’importance de la préservation des mangroves (émissions radiophoniques, projection de films, affichages et posters, théâtres villageois) en vue de mobiliser les communautés locales d’un côté. Et de l’autre, il a fallu structurer les communautés locales en COBA (communauté de base) et renforcer leurs capacités technique, organisationnelle et institutionnelle afin de gérer les sites de restauration déjà entamée. Ainsi, depuis le début du projet, plus de 700 personnes ont participé aux trois campagnes de restauration écologique des mangroves qui ont été lancées. Les communautés et les équipes de WWF sur le terrain ont planté ensemble un total de 49.000 propagules. Plus de 2 millions de palétuviers ont été plantés depuis 2007. 340 hectares de mangroves ont été restaurés durant ces 10 ans et plus de 1 000 hectares de mangroves se sont régénérés de manière naturelle suite aux reboisements, même en dehors de la zone de restauration

« Le choix de ce paysage est prioritaire pour le WWF du fait de ses intérêts biologiques et écologiques (biens et services écologiques produits), de la présence d’espèces rares endémiques, cette zone pourrait constituer une zone de démonstration liant la gestion durable des ressources naturelles avec les communautés locales et la valorisation économique des biens fournis par les mangroves pour le bénéfice à long terme de ces dernières » Eric Ramanitra ,Technical officer du WWF pour la région Melaky.

Par Harilalaina Rakotobe