Actualites Politique

pêle-mêle

Me Avoko Rakotoarijaona
Grand absent
Avec les pratiquants de Kung-fu Wisa, un style de combat contesté, il a brandi le sabre des représailles à ceux qui voulaient descendre dans la rue. Mais le samedi 21 avril, ses combattants et lui n’ont pas osé mettre les pieds sur le champ de bataille. Me Avoko Rakotoarijaona aura été le grand absent des affrontements opposant forces de l’ordre et manifestants qui ont répondu à l’appel des 73 députés venus faire un « rapport d’activité » sur le parvis de l’hôtel de ville de la capitale. Une question se pose : Me Avoko Rakotoarijaona a-t-il les capacités de nuisance qu’il a vantées ici et là ? Il affirme posséder cinq cents mille adeptes, disciples sous ses ordres. Mais en 2013, le candidat Sylvain Rabetsaroana, éliminé au premier tour, qu’il a soutenu, n’a ramassé que des miettes de voix. D’autres « maîtres » du Kung-fu Wisa l’accusent de monnayer auprès du HVM les vertus de cet art martial au passé historique ensanglanté. Par ses accointances avec le milieu politique.

Jean Max Rakotomamonjy
L’arme de crocodile
Présent à la messe organisée par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes, FFKM, Jean Max Rakotomamonjy, président de l’Assemblée nationale, a adopté un profil plutôt bas. Il souhaite maintenant que les protagonistes entament un dialogue constructif pour sortir de l’impasse actuelle. Alors qu’en conduisant la séance d’adoption des projets de lois organiques sur les élections, il a refusé d’entendre les doléances des députés de l’opposition qui ont proposé de débattre chaque article avant de passer au vote. Il a accéléré le mouvement, jusqu’à appeler des éléments des forces de l’ordre, pour tout boucler, à main levée, en deux temps trois mouvements. Si la volonté de dialoguer a prévalu à l’Assemblée nationale, ce conflit politique n’aurait eu aucune raison d’être. Et l’adoption, si les textes en question ont été rédigés avec les résolutions des diverses séances de consultation effectuées par la Commission électorale nationale indépendante, CENI, ils auraient pu faire l’unanimité. Sans recourir à une fausse majorité à l’Assemblée nationale.

Marc Ravalomanana
Double jeu
Souffler le chaud et le froid. Sentant que la Place du Treize-Mai est dominée par les partisans d’Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana commence à prendre ses distances. En visite à Mahajanga, il a souligné que l’action en cours revient aux seules initiatives des 73 députés concernés et n’engage pas son parti, le TIM. Il a aussi insisté sur sa volonté de respecter les dispositions constitutionnelles et condamne toutes velléités d’un coup d’État. Tout en soutenant les efforts de médiation amorcés par le FFKM. Une posture qui sied aux orientations voulues par le HVM. Alors que les 73 députés posent comme préalable aux éventuelles négociations, le départ sans conditions du président de la République en exercice, Hery Rajaonarimampianina. Et l’idée d’une voie extraconstitutionnelle trotte encore dans un coin de la tête de quelques-uns. Des élus TIM tentent d’éteindre l’incendie en déclarant que le père-fondateur du TIM reste solidaire des revendications exprimées un peu partout.

Par Eric Ranjalahy