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Conjoncture – Flambée des prix du carburant

Des prix affolants

La vérité des prix du carburant peut devenir le point de départ des dérives inflationnistes incompressibles. Les ménages doivent faire un gymnastique budgétaire pour joindre les deux bouts à chaque mois

Un petit camouflet pour le Premier ministre Olivier Mahafaly. Il s’est présenté comme le sauveur des consommateurs par « la baisse » des prix du carburant au lendemain d’une hausse conséquente de 90 ariary. Le litre du sans-plomb a atteint les 4 020 ariary avant de redescendre à 3930 ariary. Le yo-yo a eu lieu un 1er avril, tous ont cru à une plaisanterie de circonstance. Une semaine plus tard, une nouvelle hausse de 70 ariary était effective. « Une entente a été trouvée avec les responsables des sociétés pétrolières pour ce réajustement. Devenu inéluctable, eu égard aux cours du baril sur le marché international oscillant dans la fourchette de 65 à 70 dollars », explique Lantoniaina Rasoloelison, ministre de l’Eau, des hydrocarbures et de l’énergie. Un argument trop simpliste d’un sujet complexe.

Cueillettes
Car, une décrue des cours de l’or noir n’entraîne, de façon automatique, une baisse des prix à la pompe. Il existe d’autres facteurs importants qui influencent le différentiel des coûts. Comme la parité de l’ariary face au dollar au Marché interbancaire de devises. Ou les taxes sur les produits pétroliers, majorés par l’État. Il s’agit d’une ressource financière facile à cueillir. Aucune échappatoire ne s’offre aux concernés.
À chaque litre vendu, l’État encaisse ses droits. Avec la dépréciation de l’arairy et ces surtaxations, peut-on s’attendre à autre chose qu’une hausse des prix du carburant.
D’autant qu’au Moyen-Orient, une grande tension règne par la menace américaine de frappes en Syrie. Sur fond de conflit régional opposant l’Iran à l’Arabie-Saoudite.
Cette décision de rehausser les prix de carburant a été aussi prise après la réunion des gérants de stations-service qui ne pouvaient plus tenir leurs exploitations par le statu-quo. Par des charges fixes devenues variables, alors que leur marge, 36 ariary par litre, n’a pas bougé depuis des années. Mais, des coopératives des taxis-be, ont voulu s’engouffrer dans la brèche pour réajuster leur tarif de base à 700 ariary.
Craignant une révolte des usagers, l’État, par le biais de l’Agence de transport terrestre, a ordonné l’arrêt d’une telle intention. Il faudra tout renégocier dans un cercle de refléxion avec toutes les entités concernées.
Et si l’État pouvait dicter une telle mesure pour les produits de première nécessité, les médicaments, les autres frais de déplacement, ce serait mieux pour tous.

Par Eric Ranjalahy
Photos L’Express de Madagascar