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Pr Pax Rajaonera – « Le sous-sol garantit l’avenir de Madagascar »

L’économie malgache tente un nouveau départ avec les mines un des piliers du développement du pays

Les richesses naturelles, dont les mines font partie, figurent parmi les potentialités que la Grande île peut encore exploiter, mais en suivant la normalisation et les lois en vigueur.
Le Pr Pax Rajaonera, docteur troisième cycle et docteur d’État ès Sciences de l’Université de Pierre et Marie Curie de Paris, éclaire avec son approche scientifique, quelques grandes lignes, qui peuvent aider les dirigeants dans leur prise de décision.
Il cite le cas de l’Afrique du Sud qui produit 35 tonnes d’or par an, générant 1,5 milliard de dollars, alors que Madagascar n’avance que 2,5 tonnes par an. « Nous pouvons augmenter la production locale des autres ressources minérales telles que l’ilménite, dérivé du titane, pour la fabrication d’avion, les terres rares en faveur des hautes technologies dont les réserves sont estimées à une dizaine de milliards de dollars. Le sous-sol garantit l’avenir de Madagascar. Cela contribue à la résolution de la pauvreté aiguë et chronique dans notre pays », propose-t-il.
Tendances
Un diagnostic politique et socioéconomique conditionne, toutefois, l’exploration avant toute exploitation. La transparence dans la procédure de cession de l’exploitation, les conditions de cession (taxes minières, partage de production et de capital, l’assurance des risques d’exploitations après l’épuisement des mines pour la population, la faune et la flore), le respect des textes réglementaires et les lois en vigueur fixent le processus vers la normalisation. « Ne les négligeons pas car il existe des sociétés qui utilisent un permis de recherche pour exploiter des mines. Ce qui représente un manque à gagner pour l’État. Soyons alors intransigeants sur les permis environnementaux. Ensuite, l’affiliation progressive de Madagascar à l’Initiative pour la transparence des industries extractives en vue de la standardisation, est une bonne chose. Elle est facilitée par la refondation de l’éthique politique à plusieurs niveaux », insiste le membre de la société scientifique internationale française.
D’après lui, la gestion du sous-sol devrait répondre à une suite logique politique laquelle classifie les politiciens en trois groupes par rapport à l’exploitation minière qui rapporte des revenus au pays et qui crée des emplois. Il désapprouve le multipartisme qui favorise le retournement de vestes et déclare que « l’adhésion à cette culture de tripartisme fixe la réconciliation entre les politiciens ». La première tendance réunit les politiciens libéraux qui approuvent à 100% la gestion par les sociétés minières étrangères. La deuxième tendance rassemble ceux qui acceptent les sociétés mixtes d’exploitation avec la participation locale dans le capital pour anticiper l’épuisement des mines. Pour cela, il faut une gestion rigoureuse et transparente afin d’éviter les magouilles. La troisième, une tendance gauche, refuse la participation des étrangers. Or, les extractions minières nécessitent de gros investissements à Madagascar », suggère-t-il.

Par Farah Raharijaona