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Réserve spéciale d’Ambohitantely – Un joyau de l’endémisme

L’espèce Tsitohavina endémique d’Ambohitantely

Exceptionnelle. La Réserve spéciale d’Ambohitantely culmine à 1 400 mètres d’altitude. À partir d’Antananarivo, on emprunte la RN 4 et après avoir franchi Firarazana, à 128 kilommètres, on prend la bifurcation à droite. Il faut parcourir 12 kilomètres de plus pour y arriver. Cette forêt humide se singularise par la faune et la flore qu’elle héberge. « Ambohitantely demeure l’unique forêt dense de la capitale. Des espèces de hazo gasy, de palissandre, de ramy, de gridro, de microcèbes, d’avahis, de grenouilles endémiques de la zone s’y réfugient. Cette forêt s’apparente à celle d’Andasibe. Toutefois, les arbres d’Ambohitantely croissent moins rapidement », souligne Herilala Ravelomanantsoa, directeur de la réserve.
Le site s’étend sur une superficie de 5 600 hectares, mais la forêt occupe 1 300 hectares. Madagascar national parks (MNP) adopte une stratégie impliquant la population locale dans la protection. Elle participe activement à la mise en place des pare-feux et au contrôle. Soixante hommes patrouillent tous les ans dans la réserve pour détecter les braconnages et les feux qui se déclarent. En contrepartie, ils reçoivent une indemnité. Les habitants s’engagent dans la conservation de la réserve et en retour, ils bénéficient de projets de construction d’écoles, de dispensaires villageois.

Une faune exceptionnelle typiquement malgache

Reforestation
Dans une partie de la réserve, des forêts se fragmentent pour laisser place à de vastes savanes. MNP et Orange Madagascar ont consacré la journée du 6 avril à une restauration forestière en plantant mille pieds de Tsitohavina. « Cette espèce endémique d’Ambohitantely vise la recolonisation de la savane. Cette espèce pionnière est connue pour la création d’une ambiance forestière. Elle aide ainsi les autres essences à prendre racine et à croître convenablement », soutient le directeur de la réserve. Après dix ou quinze ans, de nouvelles forêts se formeront et garniront les surfaces déboisées. Ainsi, on ne parle pas de reboisement dans une réserve spéciale. Les plants à repiquer proviennent des graines de cette forêt. Les pépiniéristes les prélèvent, les ensemencent et mettent les petits arbustes en pot. « Aucune espèce n’est ni introduite ni en sort. On soustrait les sauvageons de la forêt, on les reproduit et on les réintègre au moment de la restauration », indique Herilala Ravelomanantsoa.
Rakotosoa, pépiniériste, travaille avec les gestionnaires de la réserve depuis dix huit ans. « Je suis membre des Comités de soutien aux aires protégées. Je surveille les feux et ceux qui coupent les bois. J’ai poursuivi une formation en production de pépinières. Je prends soin de la multiplication des plantes en supprimant les mauvaises herbes et en les arrosant », détaille-t-il.

La chute, un endroit paisible et idéal pour un pique-nique

Formation

Huit Malgaches, quatre Mauriciens et deux Seychellois participent à un programme de formation des gestionnaires de sites. Ils abordent la gestion des espèces menacées et suivi écologique qui se focalise sur la santé de l’écosystème et la protection de la biodiversité. Les gestionnaires possèdent déjà le savoir-faire, mais ils affûtent leurs acquis pour pouvoir accomplir leur mission dans leurs aires protégées respectives. Ces scientifiques ont choisi la réserve d’Ambohitantely par souci de proximité car ils marchent à peine cinq minutes qu’ils trouvent déjà ce dont ils ont besoin. Le Pr Achille Raselimanana, enseignant-chercheur, indique que le développement et le renforcement de capacités suscitent l’intérêt des participants à considérer l’implication de la science dans la conservation et la gestion.

Par Farah Raharijaona