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sponsoring – Le tennis, chasse gardée des parents

Heureusement que les investissements sont souvent récompensés par l’obtention des médailles

Progresser au tennis nécessite des moyens financiers considérables. Le talent ne suffit plus et les parents doivent faire face à un projet très personnel de leurs enfants, dans le but qu’ils deviennent des références en Afrique

 

Une triste réalité. Le tennis est réputé être un sport de « riches ». À certain moment, cette considération s’est atténuée, car on a vu des enfants prodiges du tennis malgaches, des filles ou fils d’entraîneurs, qui ont pu évoluer dans le haut niveau malgré le peu de moyen financiers dont ils disposaient. Actuellement, le tennis comme sport de « riches » a tout son sens. La Fédération internationale de tennis (ITF), en collaboration avec la Confédération africaine de tennis  (CAT) a décidé  de mettre en place un circuit africain pour les U14.
Ce circuit est composé de plusieurs tournois dans l’année (dix à quinze) durant lesquels les joueurs obtiennent des points pris en considération au classement africain des U14. Par la suite, seuls les mieux classés peuvent participer aux championnats d’Afrique. Il existe deux championnats d’Afrique. Le premier s’est effectué sur une surface rapide à Pretoria, en Afrique du Sud, au mois de mars, et le second est prévu en septembre, en Afrique du Nord (Égypte ou Maroc) sur terre battue. Les joueurs malgaches sont donc obligés, depuis septembre 2017, de participer à la dizaine de tournois programmés pour la saison 2017-2018 afin d’espérer figurer parmi les meilleures raquettes
africaines en lice aux championnats d’Afrique.

Le tournoi de l’île Maurice en septembre 2017, a ouvert le compteur pour le circuit africain 2017-2018. Une délégation a été envoyée à Maurice, une autre a pu jouer les championnats d’Afrique australe au Botswana en janvier. Après, la totalité de nos meilleurs joueurs, ont pu jouer aux internationaux de Madagascar en U14 (présents dans le circuit africain) qui se sont joués au club olympique de Tananarive.  Dans la foulée, ils ont joué les championnats de Madagascar où des points africains aussi sont en jeu. Puis, une autre délégation malgache a été envoyée au Togo pour deux tournois U14 du circuit africain, mais aussi à Pretoria pour les championnats d’Afrique. Dernièrement, cinq joueurs malgaches ont pu se déplacer au Kenya pour deux tournois. D’autres tournois sont en vue comme ceux qui sont prévus en Tunisie où on verra la participation de Yaëlle Vaissaud, championne de Madagascar en titre chez les U14 filles. La fédération malagache de Tennis a aussi annoncé la tenue prochaine d’un tournoi en RD Congo qui a pu maintenir son tournoi malgré l’épidémie d’Ebola.

Livrés à eux mêmes 
Pour suivre cette tendance où les compétitions s’enchaînent pour les U14 en Afrique, les parents des joueurs déboursent beaucoup Sans sponsor, sans appui de l’État, ni de la FMT ou des ligues régionales dans lesquelles évoluent leurs enfants. Ainsi, les parents sont livrés à eux-mêmes. Non seulement, ils payent les billets et les visas de leurs enfants, mais ils cotisent également pour payer le billet d’avion des coaches ainsi que leurs indemnités.
« Il est vraiment très difficile de trouver le financement pour que nos enfants puissent participer aux différents tournois du circuit africain U14. Je remercie d’abord ici sincèrement l’école Alliance française qui est assez tolérante par rapport aux absences de nos enfants à l’école quand ils sont en tournoi. En conséquence, le budget est assez important. Depuis septembre 2017, ma fille a pu jouer  quatre tournois (Maurice, Botswana, Afrique du Sud et Kenya) et on a dépensé pas moins de 30 millions d’ariary alors qu’on est seulement à la moitié de l’année», rappelle Joane Sylvia Rasendra, maman de Miotisoa Rasendra qui est actuellement en période d’essai au centre d’entraînement de l’ITF à Nairobi.

Le seul appui de l’ITF qui atténue les dépenses des parents sont les « travel grant » ou aides financières à chaque déplacement international. Ces « travel grant » qui représentent en moyenne 20 à 30 % du tarif du billet d’avion et sont reçues dans la caisse de la FMT  quelques semaines après la tenue d’une compétition donnée du circuit africain des U14. C’est ensuite la FMT qui donne la somme en question aux parents des joueurs concernés.
« Ce qui nous encourage, ce sont les résultats que nos enfants obtiennent. On peut financer, une fois deux fois ou trois mais pas continuellement », termine Joane Sylvia Rasendra.

Safidisoa Nomenjanahary a pu progresser considérablement au cours de ces derniers mois sur le circuit africain des 14 ans

Dina Razafimahatratra