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tennis – S’inspirer du modèle espagnol

Le tennis mondial est marqué au fil des années, par les joueurs espagnols. Une régularité dans la performance qui surprend. Mais quand les infrastructures sont présentes et que le cœur y est, cette performance n’est que la suite logique des choses

Une domination mondiale au fil du temps. Nombreux sont les joueurs  issus de différents horizons qui aspirent à devenir des références  mondiales en tennis.  Un rêve peu accessible à tous, car il exige des sacrifices, du talent, beaucoup de motivations dans les entraînements comme dans les matches.  Ce rêve, les jeunes tennismen espagnols veulent le vivre un jour. Un engouement motivé par les stars,  à l’image de Manuel Santana, Sergi Bruguera, Jan Carlos Ferro, Alex Corretja, David Ferrer, Carlos Moya, Feliciano Lopez, Pablo Carreno Busta et, bien sûr, Rafael Nadal.
« L’Espagne ne possède pas le meilleur système en ce qui concerne la gestion de carrière d’un joueur de tennis. Mais ce qui faitson succès, c’est justement d’avoir des joueurs de carrure internationale au fil des décennies. Le fait d’avoir des stars tant nationales que internationales, motive la relève et la pousse
à travailler un peu plus chaque jour sur le terrain. C’est cet engouement qui est le meilleur des garanties pour préserver,
au fil du temps, la régularité dans la performance des joueurs espagnols dans le tennis mondial », rappelle Jofre Porta, ancien entraîneur de Rafael Nadal et directeur de l’académie Global Tennis Team à Palma de Majorque.

Terre de formation
En Espagne, le tennis attire les jeunes. Sur quarante deux millions d’habitants, il y a quelque 100 000 joueurs de tennis pour les catégories U18 et 7 000 formateurs. Le pays attire même les joueurs  d’autres nationalités qui s’inscrivent dans les différentes académies de tennis.
Chacun a son budget, mais généralement il se situe entre 3 000 et
4 000 euros par mois.

Cela englobe les entraînements, le système scolaire, l’hébergement ainsi que la restauration.  Il y a ce côté  « business », certes, mais tout peut également partir d’un tout modeste club. C’était le cas, par exemple, pour le Russe Marat Safin.
Numéro un mondial à seulement 21 ans, il a pu faire ses débuts en
Espagne avec un entraîneur espagnol Rafael Mensua.  « Marat Safin était un joueur exceptionnel. Il me renvoyait les balles avec une telle intensité, avec une grande régularité, mais je ne pouvais pas du tout imaginer un moment que le petit garçon de 11 ans que j’avais en entraînement, allait être un géant du tennis mondial. Mais petit a petit, l’oiseau a fait son nid comme on le dit », rappelle-t-il.
Le tennis espagnol est similaire au tennis malgache dans le sens où les joueurs sont plus spécialisés en terre battue qu’en surface rapide.

En Espagne, 80% des terrains sont en terre battue et les 20% restants sont en dur (greenset, moquette et gazon).
Selon les études et les recherches menées par la Fédération internationale de tennis, commencer à jouer au tennis  sur terre battue est beaucoup plus intéressant pour développer le niveau de jeu d’un joueur ou d’une joueuse, plutôt que faire son apprentissage sur surface rapide.  « Le jeu y est beaucoup plus confortable. Le joueur développe beaucoup plus vite les aspects techniques et tactiques sur terre battue, car il y a beaucoup plus d’échanges. Sur terre battue, dans les matches professionnels à Roland Garros,  la moyenne des échanges est de cinq à six frappes
de balles. De plus, il est plus facile de s’adapter de la terre battue à la surface rapide (quelques heures) que l’inverse (au moins une semaine) », explique Miguel Crespo, formateur en coaching professionnel et auteur et rédacteur de plusieurs livres qui se rattachent au domaine du coaching.

avantage
Le tennis malgache possède ce réel avantage de pouvoir jouer sur terre battue. Comme second avantage, nos joueurs peuvent jouer en « outdour » (à ciel ouvert) toute l’année car le climat le permet.
Le réel  besoin du tennis malgache actuel est d’avoir un système qui permet aux joueurs de s’entraîner au tennis au quotidien et  de continuer  à étudier en parallèle. Pour cela, il faut déjà avoir les infrastructures. Un appel est donc lancé aux investisseurs, désireux de mettre de l’argent sur ce projet ambitieux. Ici, il y a de l’argent à gagner et le besoin est assez urgent. Ce projet serait une grande première dans le monde du tennis malgache. À bon entendeur, salut !

Dina Razafimahatratra