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Village d’Ankorabe – La dégradation de l’environnement due aux pratiques agricoles

Lorsque la population ne prend pas conscience de la surexploitation des ressources naturelles qui l’entourent, la dégradation de celles-ci s’intensifie Altération accélérée. Les villageois villages d’Ankorabe et de Tanambao, dans la commune rurale de Ranomafana-Est, comprise dans la région Atsinanana, vivent dans un cadre exceptionnel et riche en biodiversité. Toutefois, les habitants puisent leurs moyens de subsistance en employant l’agriculture sur brûlis, ce qui assèche la verdure environnante et explique la dégradation forestière.

Observation
Rien qu’en dix ans, 60% des surfaces de couverture forestière se convertissent, par abattis-brûlis, en zones agricoles qui, après utilisations répétitives, deviennent des zones herbacées ou arbustives de composition variable. Sitraka Mireille Ranaivosoa-Toandro, chercheure au Centre national de recherches sur l’Environnement (CNRE), s’est appuyée sur ce constat pour réaliser une étude sur l’identification des produits agricoles, la description de la perception de la population locale sur la fertilité du sol et les éléments indispensables à un bon rendement agricole. Elle a mené son enquête sur un échantillonnage de cent personnes âgées de 14 à 80 ans et tous genres confondus.
« D’après les résultats obtenus, le village d’Ankorabe possède une large variété de produits agricoles, à savoir le maïs, le riz, la banane, l’igname, le haricot, le manioc, des arbres fruitiers, etc. Mais la majorité de la population valorise beaucoup plus la culture de riz et de bananiers car ce sont les plantes qui s’adaptent mieux aux terres agricoles. De plus, elles sont considérées comme les principales sources de revenus économiques des ménages, un rendement annuel moyen de 650 kg par hectare pour le riz pluvial. Il a été également observé que d’après 47,8 % des personnes enquêtées, l’eau et la fertilité du sol sont des facteurs essentiels pour avoir un bon rendement agricole et que le sol de cet agro-écosystème est, en général, encore fertile, c’est-à-dire, ne nécessite aucun apport d’intrant. Un sol fertile est défini par les paysans comme une terre humide et argileuse, contenant des éléments fertilisants ou des matières organiques, de couleur noire, identique à celui des forêts », précise la chercheure.
Les études réalisées sur le terrain par des écologues et des agronomes montrent que la dégradation de l’environnement et des ressources naturelles (ressources en eau, forêt) dérivent de ces pratiques agricoles. Face à ces perceptions, le centre contribue à la mise en œuvre de la stratégie malgache de conservation au service d’un développement durable dans cette zone.

Par Farah Raharijaona