Actualites Sport

Football – Mondial – Polémiques autour  de l’assistance vidéo

La décision de l’arbitre de Suède-Corée du Sud a fait jaser plus d’un

Pour la première fois, les arbitres peuvent recourir à la vidéo durant la Coupe du monde. Mais l’utilisation de la VAR apporte plus de confusion jusqu’à présent 

Soixante quatrième minute de la rencontre entre la Suède et la Corée du Sud, lundi. L’arbitre prend une décision plus que surprenante. Il revient sur une faute commise dans la surface de réparation sud-coréenne, en sollicitant l’assistance vidéo (VAR), plus de vingt secondes après l’action, alors que les Asiatiques sont en pleine contre-attaque. Dans la foulée, il siffle un penalty en faveur des Scan- dinaves, qui marquent ainsi l’unique but du match. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Mais on est tenté de dire que le recours à la vidéo, qui devait apporter des solutions, crée au contraire la confusion. Rappelons que la VAR est utilisée pour la première fois au Mondial.
Il y a quelques semaines, on assistait aux finales NBA (Ndlr: championnat nord-américain de basketball) entre les Warriors et les Cavaliers. Et à chaque situation complexe, les arbitres sollicitaient les écrans, avant de trancher sur une faute à sanctionner ou un panier à valider. Idem en rugby, avant d’accorder un essai litigieux. Il faut l’avouer, le football est bien en retard par rapport aux autres disciplines.
L’utilisation de la vidéo durant cette Coupe du monde s’apparente à un test grandeur nature. Et à un test, on peut réussir, mais aussi échouer. Jusqu’à présent, on se dirige plutôt vers un flop. N’aurait-il pas été plus judicieux de réaliser ce test durant un tournoi de plus petite envergure, pour ensuite avoir le temps de corriger les erreurs avant de s’attaquer au sommet planétaire?
Avant ce Suède-Corée du Sud, on avait remarqué plusieurs autres actions litigieuses. Penalty non justifié sifflé en faveur du Portugal, ballon sorti mais remis en jeu par les Français, poussette d’un joueur suisse dans le dos d’un défenseur brésilien à l’origine d’un but, etc. Si la vidéo avait été sollicitée sur ces actions, l’issue de ces rencontres auraient été totalement différente. À se demander, quand l’homme en noir fait-il appel à la VAR et quand prend-il une décision difficile sans s’y référer?
« En cas d’hésitation ou de contestation, il serait judicieux de faire appel à un replay, avant de trancher. Ce qui devrait aider grandement l’arbitre. Il peut recourir à un replay, dans les secondes qui suivent l’action, mais pas une minute après tout de même », confie un arbitre malgache, questionné sur le sujet. Le plus important, c’est le verbe « aider ». La vidéo doit aider à améliorer l’arbitrage.

L’assistance vidéo semble apporter plus de confusion que de solution

Balises

Pour l’instant, nous sommes en phase de groupes. Mais les conséquences seront encore plus désastreuses, quand
viendront les matches-couperets de la phase à élimination directe. L’enjeu est tellement important qu’il est impératif de remédier rapidement à cette situation, pour sauver ce qui peut encore l’être. D’un côté, des balises doivent être définies, concernant la VAR. Quand, comment et pourquoi l’utiliser? Faut-il uniquement recourir aux replays sur les actions dans la surface de réparation ou bien sur chaque fait de match plus ou moins important? Les arbitres doivent se mettre sur la même longueur d’ondes, une bonne fois pour toutes, à ce propos. De l’autre, pourquoi ne pas (re)lancer un appel d’offres auprès de plusieurs sociétés, dans l’optique de trouver le prestataire capable de fournir les meilleurs services en matière d’assistance vidéo et dont l’impartialité serait à toute épreuve. Cette deuxième initiative ne pourra probablement se faire qu’après le Mondial. Mais il n’est pas trop tard pour sauver les autres compétitions internationales à venir.

Haja Lucas Rakotondrazaka