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60 ans après – Le tissu industriel part en lambeau

L'industrie textile est l'un des plus gros pourvoyeur d'emploi à Madagascar

Pas de développement sans industrialisation. Cela fait exactement soixante ans que le SIM véhicule cette vision. Une ambition qui est en passe de se réaliser si les conditions politico-économiques le permettent

Si riche et si pauvre à la fois, Madagascar est connu mondialement autant pour sa richesse en matière de biodiversité, mais aussi par son niveau de pauvreté alarmant. Neuf dixièmes de la population malgache vivent à présent en dessous du seuil de pauvreté décrété par la banque mondiale. Les presses internationales et autres observateurs et spécialistes en société disent de Madagascar qu’il est l’unique pays au monde à avoir enregistré un recul économique depuis plus de soixante ans tout en ayant été en paix durant toutes ces années. Dans ce contexte et à peu près depuis cette même période, cette force tranquille qu’est le secteur industriel se bat pour redresser la situation désolante de la grande île. Soixante ans cette année, le Syndicat des Industries de Madagascar ne cesse d’œuvrer dans le sens d’un objectif de développement concret de Madagascar.

Investir dans l’industrie à Madagascar, autant de risque que de moyen
Si l’environnement des affaires s’améliore à Madagascar, notamment grâce aux efforts entrepris par le ministère de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé, ainsi que l’EDBM, le climat des affaires malgaches figure parmi les meilleurs en Afrique. En effet, la Grande Ile fait partie des 25 pays africains qui sont les plus attractifs en matière d’investissements, et se trouve au 23eme rang. Un classement tiré du rapport de l’AAI (Africa Attractiveness Index) qui mesure l’attrait relatif des investissements de 46 économies africaines sur la base d’un ensemble équilibré de critères ciblés à court terme et à long terme. Cependant, l’investissement dans l’industrie lourd nécessite des moyens d’envergure. Raison pour laquelle, la création d’entreprise à Madagascar est dominée par les industries légères. Les investissements en industrie lourd représentent ainsi un gros risque tant sur le long terme que sur la stabilité économique du pays entrainant ainsi un faible taux d’investissement dans le secteur secondaire.

Selon le ministère de l’Industrie « Madagascar, enregistre actuellement un faible niveau d’industrialisation et parallèlement, le secteur industriel contribue faiblement au PIB comparé aux secteurs primaires et tertiaires ». En effet, comparé aux secteurs primaires et tertiaires qui constituent respectivement 28% pour l’agriculture et 57% pour les services, une contribution de 15% du secteur secondaire qu’est la branche industrielle est encore minime malgré la potentialité qu’elle représente. Face à cette réalité, les membres du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) ambitionnent de contribuer plus pour l’économie malgache. Ceci, en mettant toujours en avant les produits «Vita Malagasy». C’est le défi que le syndicat prévoit de réaliser en augmentant sa contribution actuelle sur le PIB de 15% à 25%, d’ici 2025. Pareil pour le nombre d’emplois que ce groupement espère pouvoir générer. « Si nos 72 membres emploient actuellement 60.000 personnes, 100.000 emplois devraient être créés dans cette même projection » lance Christian Rajaosafara, vice-président du SIM, lors de la cérémonie officielle de présentation du nouveau logo du syndicat. Une ambition parfaitement réalisable dans la mesure où selon le ministère de l’Économie « Le secteur secondaire maintient une position phare avec une hausse de 7,9% de la production (contre 5,1% en 2012) ». Une croissance qui est stimulée par le dynamisme croissant de l’industrie extractive et de l’agro-industrie.

Remise officielle de la Charte pour l’Industrialisation au Ministre de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé

La LDIM, une difficile acceptation 

Le décollage tant attendu par le secteur secondaire a enfin été adopté, non sans difficulté, l’année dernière à l’unanimité à la chambre haute. En effet, cela fait plus de deux ans que le syndicat attend la validation de cette loi sur le développement de l’industrie. Cependant, même après la promulgation de la loi sur le développement de l’industrie à Madagascar, le secteur doit encore faire face à beaucoup de difficulté pour prétendre à ce statut de développement concret. Raison pour laquelle, les forces vives derrière l’industrialisation ont initié l’Alliance en faveur de l’industrie durable qui regroupe cinq organisations, dont le Syndicat des industries de Madagascar (SIM), le Groupement du patronat malgache ou Fivmpama, la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM), la Conférence des Travailleurs de Madagascar (CTM) et le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem). Il est important de souligner le peu d’importance que l’Etat accorde à l’industrie dans la mesure où ce dernier n’alloue que 0,7% de son budget général au ministère de l’Industrie. Avec la validation de cette LDIM, ces indicateurs devront surement s’améliorer, surtout avec la prévision de progression annoncée par le syndicat

Les maux du président Fredy Rajaonera 

Dans le cadre de ce soixantième anniversaire, le syndicat se concentrera sur quatre grands axes. Nous tiendrons un programme de promotion des produits « vita malagasy » en coopération avec l’Union européenne à travers le programme Procom et aussi la tenue de la quatrième édition du salon de l’industrie. L’évènement rassemblera plus de quatre cent exposants avec une ambition d’ouverture vers les échanges avec les industriels de la région Océan Indien. A partir de cette ouverture, on s’efforcera de définir une politique de partage d’expérience et de marché avec tous les acteurs de notre secteur dans cette zone. En effet, la SIM projette aussi de partir en quête de marché d’envergure internationale, mais pour commencer, nous aborderons en premier le marché régional pour concrétiser les projets d’élargissement du champ d’activité du syndicat

Le poids du SIM

Regroupant 88 membres répartis dans 10 branches d’activités les missions du SIM se résume à
• Regrouper sur une base libre et volontaire, en un lieu commun structuré et organisé, les organisations privées du secteur industriel malgache
• Faire la promotion et assurer le développement harmonieux du secteur dans le respect des valeurs de bonne moralité et d’éthique professionnelle reconnue
• Le SIM agit en concertation avec les partenaires et acteurs du secteur industriel, et les autres intervenants socio-économiques du pays. A ce titre, le SIM assure la représentation de ses membres, la défense et la protection de leurs intérêts.

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Par Lalaina Rakotobe

Photos L’Express