Actualites Politique

Coliseum- Treize mai – Trafics d’affluence

La majorité fictive s’affiche

Les mobilisations des foules deviennent le baromètre principal de démocratie : descentes dans la rue et meetings en plein air supplantent les débats dans le cadre légal

Ripostes. La semaine a été des plus éprouvantes pour les « 73 députés pour le changement » qui squattent le parvis de l’hôtel de ville à Analakely depuis un mois. Un des meneurs du mouvement, Hery Rasoamaromaka, a été convoqué par la gendarmerie nationale au camp Richard Ratsimandrava, suite à une plainte déposée par le sénateur Olivier Rakotovazaha. Il a été accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Éat ». Mais a pu sortir libre de sa longue audition. En attendant une éventuelle enquête au fond. Pour les militants de la Place du treize, « il s’agit d’une forme d’intimidation et une expression du deux poids deux mesures du système juduciaire. Qui, selon eux, n’a pas encore donné suite à leurs doléances déposées depuis le début de la révolte ». Mais ce qui a contrarié le plus les opposants a été le brusque réveil des parlemenatires pro-régime.
Des sénateurs HVM avec des députés mutants des autres partis, revendiquant una majorité absolue, avec pas moins de neuf cent maires, ont programmé une rencontre avec les frustrés de l’actuelle crise politique au Coliseum d’Antsonjombe.

La majorité grondeuse persiste

Nervosité

Une contre-offensive qui a fait souffler un vent de panique sur la Place du treize mai. Me Hanitra Razafimanantsoa, nouvelle égerie de ce berceau de contestation, a prié les habitants de la capitale de ne pas suivre l’appel du HVM. Elle craint que les pratiques du parti présidentiel ; distributions de cadeaux comme des vivres et de nourritures, avec un grand renfort de stars de la variété locale, ne rameute les démunis du côté d’Antsonjombe. Sans ces artifices, le HVM court un grand risque d’un bide monumental. Ce parti n’a pas présenté des candidats aux législatives et son candidat, Hery Rafalimanana, a été battu à plate couture aux municipales.
Les capacités de nuisances des forces en présence vont être mesurées à l’aune des manifestants. Mais le HVM renie à ses deux principes. Ses ténors ont toujours dénigré Andry Rajoelina et sa trannsition chaotique à laquelle beaucoup d’entre eux ont participé, et ignoré ses réalisations. Mais les voilà prêts à prendre la parole au Coliseum, une des fiertés d’Andry Rajoelina. En outre, eux qui ont été réticents à tout rasseblement politique « non-autorisé », ont suivi la méthode de leurs adversaires politiques.
Un autre souci tenaille le « Club de 13 ». La possible mise en place de la Haute cour de justice, HCJ. Dont le retard dans son installation, douze mois après l’investiture du président de la République, constitue le principal grief dans la motion de requête en déchéance du Chef de l’Etat à la Haute cour constitutionnelle, HCC. Celle-ci semble traîner les pieds pour trancher. L’entrée en fonction de la HCJ pourrait affaiblir les arguments du dossier d’accusation. Même si le juriste Harilaza Imbiky insiste que la HCC doit juger sur la situation à la date du dépoté de la motion en question et ne pas tenir compte des actions futures. Un point de vue partagé par Florent Rakotoarisoa, ancien membre de la HCC. La HCJ constitue aussi une menace pour des anciens dirigeants désireux de revenir au pouvoir avec leurs casseroles. Cette juridiction sera apte pour les juger.

Illégitime

En fait, la révolte actuelle n’a pas pu avoir l’adhésion populaire comme celle des Forces vices en 1991. D’où la
réquisition des fonctionnaires et l’incursion des meneurs au campus universitaire d’Ankatso. Il leur manque un tribun à la verve exceptionnelle de la trempe du pasteur Richard Andriamanjato. Ils vont souffrir de la comparaison par cette initiative du HVM d’envahir le Coliseum.

Par Eric Ranjalahy
Photos : L’Express de Madagascar