Interview

Jean Berthin – « Les transactions en big-bag permettent de réduire les coûts»

Le directeur général de la Société de Manutention des Marchandises Conventionnelles (SMMC), Jean BERTHIN, a expliqué en marge du lancement officiel des travaux d’extension du port de Toamasina le 23 Avril, que les transactions des marchandises conventionnelles en « big-bag » font gagner en coût.
L’objectif de 200 000 tonnes de marchandises transportées au moyen de ces grands sacs, serait même largement dépassé pour cette année

Quelles sont les principales activités de la SMMC ?

La Société de Manutention des Marchandises Conventionnelles (SMMC) est, depuis 2008, le concessionnaire qui s’occupe des opérations d’embarquement et de débarquement, de manutention, de magasinage et de stockage des marchandises conventionnelles ou non conteneurisées. Une société d’Etat créée, suite à l’éclatement en 2005 de la Société d’exploitation du Port de Toamasina (SEPT), qui met en œuvre la politique de réforme institutionnelle dans le secteur portuaire à Madagascar.

Qu’appelle-t-on marchandises conventionnelles ?

Ce sont des marchandises non conteneurisées comme les voitures, les engins, les sacheries, les minerais, les métaux, les marchandises en vrac, liquides et solides telles que l’huile, le ciment, le blé, les palettes de litchis.

Que doit-on comprendre par transaction en « big bag » ?

C’est une pratique qui se fait dans tous les ports pour les grosses cargaisons. Seulement, nous essayons de la redynamiser. Près de 120 000 tonnes de marchandises ont été transportées au moyen des big-bags en 2017. Il s’agit de contenir les marchandises dans de grands sacs pouvant supporter jusqu’à deux tonnes par exemple au lieu de les éparpiller en vrac dans des sacs de 50kg. Nous effectuons actuellement une campagne commerciale pour le ciment et le riz. Mais nous prévoyons d’exporter 80 000 tonnes de graphite au moyen des big-bags. Notre objectif de 200 000 tonnes de marchandises par cette transaction sera largement dépassé pour cette année.

                « Nous effectuons actuellement une campagne commerciale pour le ciment et le riz »

En quoi est-ce un gain de coût ?

D’abord, les marchandises conventionnelles sont épargnées par les problématiques d’engorgement au port de Toamasina. Cette saturation touche surtout le terminal à conteneurs. Bien que les embouteillages de navires concernent également la SMMC, l’exploitation générale n’est pas à craindre. Les navires en rade nous dérangent, mais jusqu’ici, nous avons toujours essayé de trouver des solutions. D’ailleurs, nous prévoyons d’aménager un port sec du côté de Tsarakofafa afin d’alléger la saturation du port. Deuxièmement, il n’y a presque pas d’opérations à dos d’hommes dans cette transaction par big bag. Deux tonnes de ciment emballées dans des big bags mobilisent des élévateurs, ce qui fait gagner beaucoup de temps. Cinq big bags peuvent être directement accrochés ensemble à la grue de l’élévateur. Ce qui constitue une réduction de temps de stationnement pour les navires. Cette forme de transaction allège les opérateurs dans les frais portuaires et les frais shift au niveau de la SMMC.

Pourquoi, les opérateurs ont-ils tendance à choisir la forme conteneurisée ?

Souvent, ils n’ont pas le choix. Soit, car les ports de provenance ou de destination n’utilisent que des terminaux à conteneurs. Les marchandises en question ne sont pas des cargaisons uniques et nécessitent l’empotage dans des conteneurs. Et enfin, par choix commercial. Toujours est-il que dans la plupart des marchandises en légère quantité, par ailleurs, la transaction en conteneurs finit par être traitée en conventionnelle.

Nombreux se plaignent du surcoût dans le dédouanement des véhicules ?

Normalement, il n’y a pas de surcoût. Le propriétaire connaît déjà ce qu’il doit payer au niveau de la douane, en s’alignant sur la spécificité de la voiture. Mais, des importateurs font contenir d’autres marchandises dans les véhicules, tels que vêtements et autres accessoires. Dans ce cas, ils doivent payer les frais de ces autres marchandises.

Pour les voitures toujours, comment se fait-il qu’il y en ait encore en nombre impressionnant au parc de la SMMC ?

Ces voitures sont en souffrance car leurs propriétaires ne viennent pas les récupérer. De nombreuses autres sont reliées à des problématiques d’importation durant la période de Transition. La SMMC ne peut les faire sortir sans un bon de livraison en bonne et due forme, que près d’une centaine ne possède pas. Un problème déjà évoqué en haut lieu, mais seul l’État, peut le résoudre, à mon avis.

Propos recueillis par Mirana Ihariliva