Actualites Sport

TRIAL – Les riders d’Antsirabe montent au créneau

Le trial prend peu à peu ses marques dans la Ville d’Eaux et attire de plus en plus de jeunes. Ils se sont rassemblés au sein du club dénommé Do It

La pratique du vélo, à un niveau « sport extrême », a accouché du trial. Comme dans toute discipline issue de la culture urbaine, les riders rivalisent d’audace et de créativité pour sortir des figures toujours aussi impressionnantes. Pour ce qui est du trial, nous n’en sommes qu’aux prémices pour l’instant, avec seulement une dizaine de riders dans la Grande île. Néanmoins, ce nombre augmente doucement, mais sûrement, à Antsirabe entre autres.
Pour découvrir cet univers à part, nous sommes allés à la rencontre d’Anthony Andrianandraina, membre du club « Do It », dans la Ville d’Eaux. Du haut de ses dix-neuf ans, il sillonne la ville sur une monture hors-du-commun, qui ne laisse personne indifférente. Pas de selle, cadre rappelant un BMX, guidon issu d’un VTT. « C’est un vélo fait-maison. On a fabriqué le cadre nous-même. À côté, on a installé un développement de VTT, ainsi qu’un guidon de VTT pour une meilleure stabilité », confie-t-il. Question infrastructure, il n’existe pas encore de Trial Park pour l’instant, où l’on pourrait installer des obstacles en tous genres, comme des palettes, des rondins de bois ou encore des rochers. Les jeunes d’Antsirabe se contentent ainsi de grimper, d’escalader tout ce qui peut l’être sur la voie publique, en faisant attention à ne pas déranger les autres, bien évidemment.

motivation

Anthony a débuté le trial il y a quatre ans et demi

Anthony a atterri dans ce monde il y a quelques années. « J’ai débuté il y a quatre ans et demi. J’ai toujours aimé les sports extrêmes. À l’époque, les riders avaient pour habitude de se
retrouver devant mon lycée, dont Sami Andria (Ndlr: la référence à Antsirabe). Et j’ai fini par les rejoindre ». Logiquement, le trial nécessite un entraînement régulier. La maîtrise d’un « side » (Ndlr : roue avant levée) ou d’un « stoppie » (Ndlr: roue arrière levée), deux des figures de base, ne vient pas par magie. « Au moins, il faut s’entraîner une fois par semaine. Il faut également beaucoup de détermination et de motivation », rajoute-t-il.
Anthony a fait de la longueur sa figure de prédilection. Comme son nom l’indique, il s’agit de sauter par-dessus un obstacle de
plusieurs mètres. Un « trick » risqué, mais qu’il réédite à volonté. Lors de notre rencontre à Antsirabe, il nous a également gratifiés d’une détente remarquable, avec un saut à plus de deux mètres du sol, sans élan qui plus est. Comme quoi le trial, c’est aussi impressionnant que spectaculaire.

Rencontre entre passionnés

Les jeunes d’Antsirabe ont un projet en tête depuis quelque temps. Ils veulent réunir tous les riders malgaches prochainement, durant un seul et même événement. « On aimerait organiser une compétition d’ici peu. L’idée est de se rencontrer entre passionnés de sports extrêmes et d’évaluer notre niveau », explique Anthony Andrianandraina.

Clarck, un footeux raté

Lors de notre passage à Antsirabe, nous avons également fait la connaissance de Clarck Razafintsalama. Ce jeune de 21 ans jouait au football auparavant, avant de se reconvertir dans le trial. « J’ai été inspiré par Sami Andria quand je l’ai vu une fois faire ses ‘tricks’ à Tsarasaotra. J’ai alors commencé à économiser pour avoir mon propre vélo », se remémore-t-il. Clarck est surtout connu pour sa maîtrise du side-up, à savoir un saut réalisé avec une roue avant levée.

Haja Lucas Rakotondrazaka