Eric Ranjalahy

Hery Rajaonarimampianina savoure sa victoire aux communales. Lui qui a toujours cherché une légitimité populaire après le bide historique de la cérémonie d’investiture, des gradins dégarnis au stade de Mahamasina, ne peut que se réjouir des tendances générales du dernier scrutin, de proximité de surcroit. L’affront des législatives où sa formation politique n’a présenté aucun candidat a été lavé. Quoique des maires puissent être élus pour une poignée de voix. Mais c’est la démocratie à l’occidentale, transposée à Madagascar. Il faudra s’en accommoder.
Le parti HVM qui l’a présenté à la présidentielle, mène dans de nombreuses communes en attendant les résultats officiels. Une percée significative même dans des fiefs traditionnels du Tiako i Madagasikara, TIM, de Marc Ravalomanana, pour ne citer que le cas du district d’Ankazobe où le HVM devrait empocher neuf mairies sur les onze à pourvoir. Depuis ces succès acquis par le recours massif aux prérogatives de la puissance publique, ministres en campagne et endoctrinement sur les valeurs et vertus des candidats du HVM, afin de mieux embobiner des citoyens, illettrés et analphabètes dans leur grande majorité. Des têtes brûlées au service du HVM continuent les œuvres de démolition du Mapar mis en place par Andry Rajoelina lors des législatives. Ils font monter la pression là où les candidats du Mapar pour les communales ont pris l’ascendant sur les protégés?du?régime.
À Antsiranana et Fianarantsoa, en l’occurrence.

ISSUE
Des indépendants sont aussi dans leur collimateur. L’objectif est la mainmise sur mille communes, comme l’a présagé Rivo Rakotovao, président national du HVM. Celui-ci, critiqué dans la gestion de son ministère d’État en charge de l’Aménagement du territoire et des projets présidentiels, lorgne déjà du côté du fauteuil du président du Sénat. Il revendique déjà la majorité au sein de cette institution au vu des « récoltes » obtenues par son parti lors des communales. Voilà pourquoi Hery Rajaonarimampianina a imposé que le remaniement du gouvernement ne se ferait qu’après les communales. Il aurait alors trouvé une porte de sortie tout indiquée pour Rivo Rakotovao, un homme de confiance du même rang que Me Henry Rabary-Njaka, contraint de quitter la direction du cabinet de la présidence de la République et la tête du conseil d’administration de la compagnie aérienne nationale Air Madagascar, sous les quolibets d’une campagne de médisance sans précédent.
La place du président du Sénat est des plus stratégiques dans le cas de déchéance du chef de l’État. Un scénario qui aurait pu se produire sans  la connivence des juges constitutionnels qui ont extirpé Hery Rajaonarimampianina d’une impasse politique à l’issue incertaine. Marc Ravalomanana l’a convoitée, mais les contre-performances de son parti, le TIM, dans l’ensemble du territoire national, l’a ramené à l’évidence. Mais il garde une carte maîtresse dans la capitale avec  la victoire probable de sa femme.

ALLIANCES
Les derniers évènements ont alors démontré que Hery Rajaonarimampianina serait plus enclin à nouer des relations incestueuses avec Marc Ravaloamanana, réputé pour sa fourberie à répétition, mais jouissant de la considération de la communauté internationale, que de satisfaire les caprices d’Andry Rajoelina, toujours détesté au niveau international. Mais ce tableau idyllique a été gâché par la grèves des étudiants pour obliger l’État et le corps enseignant à trouver un compromis pour que les cours au campus retrouvent leur… cours normal. Par contre, la saute d’humeur sociale des employés de la Jirama,  opposés?au?contrat?de concession de la centrale thermique de Mandroseza, accordée à la firme américaine Symbion Power, a été affaiblie par une dissidence parmi les syndicalistes.