Populaires et folkloriques. Mahaleo et Lôlô sy ny tariny sont deux groupes pour lesquels l’amour de la musique et de la patrie importent beaucoup.
L’histoire nationale occupe une grande place au sein du groupe Mahaleo, car ses fondements y sont ancrés. Cet aspect historique du groupe forge ainsi  sa réputation et sa légende, de génération en génération, depuis 1972, date de sa création. Pour mieux connaître les racines du groupe, il importe de valoriser son histoire et de voir à la source ce qu’est l’essence même du groupe. Depuis quarante-trois ans, Dama, Dadah, Bekoto, Fafah et Charles ainsi que leurs frères disparus, Raoul et Nono,  divertissent, éduquent et pérpétuent les vraies valeurs du patriotisme et de la culture malgaches à travers leurs oeuvres. Ses tout premiers concerts, se déroulent au milieu des grêves scolaires de 1972, au Jardin des enfants et dans la salle d’oeuvre catholique à Antsirabe, fief mythique du groupe lui-même.
Tout commence donc cette année-là, à une époque où les jeunes, contrairement à aujourd’ hui, prônent leur identité et leur fierté d’être Malgaches.


Genèse
C’est dans cette cacophonie ambiante où quête identitaire et querelles politiques s’entremêlent que le groupe Mahaleo se forme. « C’était une grande époque pour nous qui tenions à valorsier notre langue maternelle et notre identité propre. Certes, les jeunes qui chantaient et appréciaient les compositions françaises ou anglaises étaient aussi nombreux qu’ils peuvent l’être aujourd’hui, à l’exemple des Surfs, par exemple. Mais à côté, pour nous qui représentions la majorité paysanne très humble, il importait  de chanter en malgache pour affirmer notre culture et notre identité », souligne Zafimahaleo Razafindrasolo dit Dama. Un leitmotiv que le groupe et ses membres continuent à conserver avec ferveur jusqu’à maintenant, s’adressant surtout aux jeunes qui, selon eux, se laissent de plus en plus absorbés par la culture occidentale au fil des générations. Fort de son charisme indétrônable,  le groupe Mahaleo peut toujours se vanter d’être le seul à être exclusivement classé en haut de la liste des formations les plus intemporelles de Madagascar, pour avoir traversé  plus de quatre décennies.
Dama ajoute : « Il est vraiment primordial pour un artiste de promouvoir son identité culturelle, j’entends surtout par là la valorisation de sa langue natale, de sa langue maternelle. C’est notre fierté de valoriser notre langue maternelle qui nous a surtout permis de présenter un concert à l’Olympia. Car  sans cette particularité-  cela, je peux l’affirmer – on n’aurait aucune valeur sur la scène internationale. » La mythique scène de l’Olympia à Paris que Mahaleo fait littérallement  vibrer pour célébrer ses trente ans en 2007.
Sa renommée dépasse les frontières de la Grande île et ce, depuis belle lurette. Sa force demeure cette fierté d’être Malgache à travers la musique. De même, le groupe ne cesse pas d’inciter ses amis  et autres formations à en faire autant, et il se présente comme un modèle pour eux.
Parmi eux, le groupe Lôlô sy ny tariny créé en 1974, se voit comme le petit frère du groupe Mahaleo. « Il a eu une grande influence sur notre groupe, et le fait est que l’on a eu des amis  communs,nous a rendus  très proches », confie Angelo Rakotomanga dit Lôlô. Ce groupe, au grand complet, est composé d’Erick Manana, Bebey, Benny, Sammy, Raplay, Dina, Goda et Pasy. Ils se retrouvent sur scène plus d’une fois, en 1974 au Lycée Gallieni pour une émission sur la TVM avec Tsilavina Ralaindimby, en 1994 au stade couvert de Mahamasina et en 2003 à Antsonjombe.
Pour Lôlô, bien au-delà de la valorisation de la langue maternelle, c’est surtout la pérennité de ses œuvres qui importe, d’où la présence de nouveaux visages dans la  formation actuelle:  Farah Ramanantoanina, l’actuelle voix féminine du groupe, Dj Melo Jay, Lova Nantenaina Rakotondrasoa et Dominique à la batterie. Lôlô se lance dans la continuité de ce qu’il entreprend avec « Lôlô sy ny tariny ».
« Il y a encore tant de chansons du groupe à faire connaître au public. Selon moi, il est indispensable que le public continue à redécouvrir nos œuvres, ces chansons qui ont longtemps fait la renommée de Lôlô sy ny tariny, de Lemizo à Lekôma en passant par Tady vita fatomaty », confie Lôlo. De plus, il reste toujours ces chansons que seuls les vrais fans du groupe connaissent et qui méritent d’être découvertes auprès de la majorité du public, comme « Rahavako », « Dia-volana » ou « Zanako tonga taona ».
Ces chansons intemporelles du groupe seront l’unique héritage que Lôlô et sa bande laisseront à la postérité. Comme son aîné, il prône également cette ouverture aux autres pour l’art et la culture commune qui les passionnent. Lôlô chante regulièrement avec Bekoto du groupe Mahaleo ou Olombelo Ricky.