Eric Ranjalahy
Photos : Mamy Mael

La semaine a été surchargée pour Marc Ravalomanana. De retour d’un voyage à l’extérieur, il a réuni les maires TIM élus lors des dernières communales. L’occasion pour lui de clarifier ses intentions. Sans détour, il a affirmé « qu’il prendrait en main la destinée de la capitale ». Sa femme, Lalao Ravalomanana n’a donc servi  d’appât pour les électeurs. Ceux qui ont mis en avant les difficultés de l’ancienne première dame à s’exprimer en public, ont ainsi raison. Elle a refusé de participer à des débats télévisés en direct, comme le veut la tradition démocratique. Pour se dérober de cet exercice de style pouvant changer l’avis des électeurs, ses partisans évoquent qu’avec elle, il sera question de travail et non de palabres, ni de discours improductifs.

un autre moi-même
Son «  remplacement » par Marc Ravalomanana atteste ses faiblesses oratoires et ses lacunes en matière de dissertation sur un tel ou un tel sujet, aussi délicat que le budget communal ou les principes de la décentralisation. Lalatiana Rakotondrazafy, sa rivale aux communales qui l’attendait de pied ferme au Conseil communal, doit revoir sa copie. Elle risque de se trouver nez à nez avec son pire cauchemar Marc Ravalomanana. D’autant plus que celui-ci, sur le front des affaires a été requinqué par une lettre du ministre du commerce Henry Rabesahala à la Chambre de commerce de l’industrie et de l’artisanat d’Antananarivo autorisant la réouverture de Tiko sur les sites d’Ankorondrano, objet de litiges. Cette initiative d’un ministre TIM contrarie la position de son homologue de l’industrie et du développement du secteur privé, Narson Rafidimanana estimant « que la décision de la reprises des activités des entreprises de Marc Ravlomanana dépendrait d’une décision gouvernementale et ne relève de la compétence d’un seul ministère ». De son côté, le ministre d’État Rivo Rakotovao affirme « que Marc Ravalomanana lui a demandé une audience » certainement pour évoquer ce dossier épineux. Marc Ravalomanana se présente comme un homme de confiance des investisseurs étrangers alors que le régime n’arrive pas encore à conclure un programme avec le Fonds monétaire international. Comment l’interdire de créer de richesses et d’emplois ? Et pour signifier « ses bonnes intentions » Marc Ravalomanana jure « qu’il  n’a aucun intérêt à démettre Hery Rajaonarimampianina », d’une manière ou d’une autre. Mais l’instinct du pouvoir semble le rattraper quand il a conduit une « réunion de travail » avec Leonardo Simao, envoyé par la SADC pour «  suivre le déroulé de la Feuille de route ». Encore et toujours. Pour la SADC « Madagascar reste toujours dans la crise politique ». Une déduction des plus étonnantes alors que le régime issu des élections, aussi instable soit-il, jouit de la reconnaissance de la communauté internationale dans ses plus larges composantes. Dans la foulée, les irréductibles supporteurs de Marc Ravalomanana ont voulu s’installer à l’Hôtel de ville sans attendre la passation de service entre le PDS sortant, Joseph Ramiaramanana et Lalao Ravalomanana. Oubliant, au passage, que leur favori, en tant que chef de l’État, ne voulait pas la reconstruction de cette bâtisse par le maire Andry Rajoelina. Il a interdit les ministres du gouvernement de Charles Rabemananjara à assister à la cérémonie de pose de la première pierre. Voilà la mentalité du futur « maire » à la place de sa femme. Égalité des genres oblige.

Eric Ranjalahy