Il ne reste plus qu’un mois aux parents pour préparer la rentrée scolaire. Le prix des fournitures augmente alors que le pouvoir d’achat des ménages s’émiette et c’est le moment de faire preuve d’une bonne gestion domestique.

Entre le marteau et l’enclume. Les parents se trouvent devant un choix difficile car après les grandes vacances, ils doivent se concentrer sur la réinscription, la nouvelle inscription et les fournitures. Certaines se montrent un peu trop exigeantes quant aux accessoires de leurs élèves. « Les responsables d’établissements de nos enfants dictent la marque Calligraphe pour les cahiers, Maped pour les règles, compas, équerres et rapporteurs, Conté pour les crayons de couleurs. Ils affirment qu’ils le font dans un souci d’uniformité, de robustesse et pour qu’aucun élève ne ressente un complexe. Pourtant, tous les parents ne peuvent pas payer des cahiers de grande marque. Cela traduit déjà une forme de discrimination. Quand on scolarise ses enfants dans un établissement, il faut donc suivre ses règles », regrette Noroharivelo Ramanantseheno, femme au foyer.

Cherté
Elle précise que son mari et elle déboursent environ 200 000 ariary pour les frais généraux et la première mensualité de leur deux enfants en niveau primaire. Il y aura un excédent à payer concernant les fournitures car la liste ne sera connue que le premier jour de prise de contact. De plus, chaque élève devrait se doter avec du neuf car les enseignants détestent le vieux matériel.
Nirina Rakotoarisoa, agent de maintenance, ajoute que dans l’école de son enfant, les responsables donnent le montant fixe de 120 000 ariary par enfant, lequel englobe les frais généraux, celui de la scolarité pour le compte du mois d’octobre et les fournitures. « Disons que c’est valable car faire les courses, ramener les fournitures à l’école demandent du temps. Il faut tout simplement se contenter de ce qu’ils offrent à nos enfants », renchérit-il.
D’autres parents, qui n’ont pas les moyens nécessaires pour payer de nouvelles fournitures, récupèrent les anciennes. Robin Rafidimanana, charpentier, clarifie qu’il dit à ses enfants de prendre les pages blanches et de les relier pour obtenir des cahiers recyclés. « Tant qu’il y a des surfaces sur lesquelles on peut écrire, c’est bon. Il faut faire avec les ressources disponibles. »
Tout au long de l’année, les marchands vendent des fournitures scolaires. Par rapport à 2014, ils notent une nette augmentation des prix. « Si un paquet de cahiers de 100 pages coûtait 7 000 ariary, il est passé à 9 000 ariary. Même un paquet de cahiers de 50 pages plafonne dans les 10000 ariary », témoigne Ravo Rakotonirina, commerçant à Analakely. Il indique que le prix varie selon les marques et le format allant de 4000 à 6500 ariary l’unité, pour un cahier en couverture plastique.
Pour l’heure, les clients tâtent le terrain et inspectent les marchés dans le but de comparer les prix. « Ils viennent, mais n’achètent pas encore. Peut-être qu’ils reviendront en septembre », poursuit-il. En général, le prix des fournitures est abordable juste après l’examen du CEPE, mais juste avant et après la rentrée le coût monte en flèche. Il est temps pour les parents de prendre une machine à calculer pour pouvoir équilibrer les recettes et les dépenses jusqu’au début du mois d’octobre, un passage forcé pour eux et pour leurs enfants en âge scolaire.

Farah Randrianasolo