Riche en événements sportifs; le week-end passé l’a été. Il a été surtout marqué par l’élimination prématurée de l’Angleterre de la Coupe du monde de rugby qu’elle accueille depuis le 18 septembre jusqu’au 31 octobre. Une défaite sans appel de 33 à 13 face à des Wallabies australiens; bondissant d’efficacité; a scellé le sort du XV de la Rose. L’histoire de l’ovale retiendra que l’Angleterre a été le premier pays organisateur d’une telle compétition; à ne pas passer le cap du premier tour de la phase finale. Des journalistes sportifs français enthousiasmés; emportés et emballés de la sortie inattendue d’un adversaire; un client de taille; enfoncent le clou et parlent d’une humiliation pour les hommes de Stuart Lancaster.
Une appréciation un peu sévère eu égard à la qualité et la teneur de la  copie rendue par les Wallabies. Et peut-on avoir honte d’avoir été battu par une nation qui a toujours figuré en haut du tableau du classement mondial. D’autant que les Anglais ont évolué dans le groupe le plus relevé du tournoi; avec le Pays de Galles; les Fidji et l’Uruguay. Au contraire de la France; proposée à l’Irlande; le Canada; l’Italie et la Roumanie. Des seconds couteaux; en somme.  L’humiliation sied plus à la situation de l’Afrique du Sud; submergée  par la déferlante marée japonaise.  Elle a pu remettre les choses à l’endroit  par la suite.
Oui; le berceau du rugby est devenu le cimetière des illusions pour les Anglais. D’accord; le XV  de la Rose a sombré corps et âme dans leur jardin; à Twickenham.  Mais ce traumatisme d’une défaite sportive à l’allure d’un drame national; d’autres pays; d’autres peuples l’ont connu; vécu et survécu avant eux. Les footballeurs  brésiliens;?considérés comme des artistes du ballon rond;  n’ont-ils pas été corrigés par le réalisme des Allemands de Thomas Müller; chez eux; en demi-finale de leur coupe du monde 2014 ? Par le score à peine vraisemblable de 7 buts à 1.  L’évocation de ces souvenirs douloureux n’a pas pour but de consoler les Anglais dans leur déconfiture; encore moins d’une compassion manifeste à leur égard.
C’est pour signifier que pour le sport de haut niveau; entre professionnels jusqu’au bout des crampons; des sponsors qui s’en tirent à bons comptes; des spectateurs ravis de ce qu’ils ont vu; les tournures des rencontres sont souvent surprenantes. Prenant à contre-pied la loi des logiques arithmétiques. Cette soirée cauchemardesque des joueurs et supporteurs de l’équipe nationale anglaise de rugby; a occulté une autre déroute dans l’après-midi de ce samedi pas comme les autres. Celle de Chelsea Football Club de José Mourinho; champion d’Angleterre en titre; face à la modeste formation de Southampton. Dans leur antre de Stamford Bridge de surcroît.
Pourtant; les « Blues » ont ouvert la marque sur un coup franc superbement négocié; d’une manière exceptionnelle par le Brésilien Willian. Mais les «  Blues » ont  pâli au fil des minutes; fini par céder  à trois reprises face aux assauts des « Saints »; loin d’être des enfants de chœur. Pour perdre trois buts à un au bout du temps réglementaire. Soit leur quatrième défaite en huit journées de la Première ligue.  En dépit du retour du capitaine légendaire et emblématique John Terry; à la charnière centrale; associé au solide Gary Cahill. L’absence de l’ange gardien belge Thibaut Courtois; blessé; n’explique pas à elle seule cette passivité défensive. Son suppléant; une doublure de luxe; le Serbe Asmir Begovic; a sauvé son équipe; à plusieurs fois; d’un naufrage certain. Sur le front de l’attaque; le fantomatique Colombien Radamel Falçao; a été préféré au Français Loïc Rémi ou l’Espagnol Pedro; pour remplacer l’Hispano-brésilien Diégo Costa; suspendu pour ses comportements antisportifs; la semaine d’avant; face aux défenseurs d’Arsenal. Tout cela après une courte défaite de deux buts à un à Porto; dans un match des groupes éliminatoires de la Ligue des champions. Et sous les yeux médusés du milliardaire russe Roman Abramovitch; propriétaire du club londonien.
Des mauvais résultats; Chelsea pointe à la seizième place; loin de ses rivaux directs; qui ont mis José Mourinho dans une position des plus inconfortables. Anticipant sur son éventuelle éviction des bancs des « Blues »;
« The special one » a mis en avant ses habituelles vantardises; pour prendre de vitesse ses détracteurs. S’ils me virent; ils virent le meilleur manager que le club ait jamais connu; fanfaronne-t-il. Certes; il a un beau palmarès à faire valoir; mais la seule Ligue des champions gagnée par Chelsea; en 2012; a été l’œuvre de l’orfèvre italien Roberto Di Matteo; appelé à la place de l’inefficace André Villas-Boas; un compatriote de José Mourinho.
Ayant bâti ses bonnes ou mauvaises réputations par des propos frisant la provocation lors des conférences de presse obligatoires; José Mourinho traîne l’image  et la silhouette d’une personnalité hautaine; dédaigneuse et arrogante. Avec en toile de fond; un jeu articulé sur la brutalité de certains de ses protégés. Des têtes brûlées comme Pépé ou Diego Costa.   Il a fait une affaire personnelle l’opposant à « Pep » Guardiola; des classico Real Madrid- FC Barcelone. Il garde des dents acérées contre Arsène Wenger; le manager français des Gunners d’Arsenal. Les ribambelles de ses altercations avec des journalistes sont aussi longues que la liste des titres de champions ou honorifiques; et les victoires qu’il a glanées durant sa riche et mouvementée carrière. Le technicien portugais; adepte de la guerre des nerfs;  qui n’a jamais été un joueur de football de classe mondiale; a-t-il atteint ses limites ? Attention; la bête blessée n’est meilleure que dans l’adversité et l’animosité.

Eric Ranjalahy