Trente-huit candidats ont obtenu la mention Très Bien, au baccalauréat  session 2015, dans l’ancienne province d’Antananarivo. Parmi eux, figure cette jeune fille de 17ans. 

Une véritable réussite. À 17 ans, Ny Ony Alicia Rakotoarinoro, élève du lycée Les Capucines à Ankerana, a remporté haut la main son baccakauréat de la série C, avec la mention Très bien. « Dès la fin des épreuves, j’ai déjà su que je réussirai. Ma crainte était plus de rater la mention Très bien, car je n’ai pas été satisfaite de ma prestation en philosophie. La géométrie a été un peu difficile aussi. En plus, trois jours avant l’épreuve d’éducation physique et sportive, j’ai eu une entorse au pied qui m’a ralenti le jour J. Ma famille m’a calmée en affirmant qu’une mention Bien en série C, est déjà très satisfaisant. Mais je n’ai pas pu m’en contenter. L’attente des résultats a été longue et le stress a augmenté. La veille même de la proclamation, je ne suis plus arrivée à dormir.  L’un de mes professeurs m’a enfin appelée pour m’annoncer  que j’ai réussi avec une mention Très bien. Soulagée, je suis allée confirmer ce résultat au centre d’examen de Nanisana », raconte-t-elle avec un grand sourire. C’était lundi, à Ankerana.
La préparation de cette belle réussite a valu à Ny Ony, des efforts physiques et intellectuels. «Je me concentrais surtout sur les exercices de mathématiques, car j’aime beaucoup cette matière. Je ne délaissais pas pour autant les autres matières, surtout les littéraires, car elles donnent de bons points. Comme je ne suis pas une lève-tôt, je veille tard la nuit. Je n’ai pudormir sans finir des exercices. Ce rythme de travail a entraîné une grande perte de poids », laisse-t-elle échapper.

Depuis les classes primaires, Ny Ony s’est toujours retrouvée dans les premiers rangs. L’esprit de compétition a germé et s’est enraciné en cette grande bûcheuse, au fil du temps. « Je me souviens que lorsque j’étais petite, j’étais triste lorsque je n’obtenais pas la meilleure note en classe », se remémore-t-elle.

Compétitive
Depuis, elle ne peut accepter avec facilité d’être battue. « Au CEPE en 2008, j’ai été lauréate dans le centre d’examen du collège d’enseignement général à Nanisana. Au BEPC, j’ai encore cru  que je tiendrais la première place, mais j’ai fini au septième rang. J’en ai éprouvé une grande peine», avoue-t-elle. En dehors de l’école, elle participe aussi à des concours de langues anglaise, française…
Bien qu’elle soit très brillante, Ny Ony n’a jamais brûlé les étapes. « J’ai commencé l’école à 3 ans, au lycée Les Capucines, mais je n’ai jamais sauté aucune classe », dévoile avec fierté cette jeune férue de la série scientifique.
Issue d’une famille de médecins, Ny Ony a deux frères et une sœur qui sont aussi laborieux qu’elle. Mais elle  est autodidacte et perfectionniste de nature. « Nos parents ne peuvent pas surveiller particulièrement nos études, à cause de leur travail. Ils nous ont enseigné à être responsables de notre avenir. Cet esprit m’a conduite à chercher des exercices et des leçons sur internet, pour améliorer encore plus mes connaissances. Mon téléphone est même imbibé de leçons que j’ai recueilli sur des sites », raconte-t-elle en riant.


Cette persévérance lui a permis d’exceller dans presque toutes les matières. « En mathématiques, j’arrive à obtenir une note de 20/20. En anglais, mes notes varient entre 18  et 19/20. La matière malagasy est ma faiblesse. Il m’est arrivée d’obtenir 8/20, mais j’ai fait des grands efforts pour m’améliorer. Ma moyenne générale n’a jamais été au dessous de  17/20 », annonce-t-elle.

Autodidacte
Côté loisir, elle a un grand penchant pour les romans policiers et les « thrillers psychologiques ». Elle ne regarde pas beaucoup la télé et ne suit pas la mode.
Ny Ony envisage de continuer ses études à l’étranger. « Je souhaite beaucoup étudier aux États-Unis, au Canada, ou, pourquoi pas, en Angleterre. En attendant d’obtenir une bourse d’études dans ces pays, je vais concourir à l’Inscae. Je ne projette pas d’entrer à l’université publique de Madagascar, à cause des grèves périodiques qui pourraient me faire perdre du temps », se défend-elle.

Aéronaute
Son rêve est de devenir psychiatre. « Ce serait cool ! Mais il me faudra beaucoup de temps pour y arriver  et j’ignore si j’en aurais la patience. L’aéronautique m’intéresse également. En tout cas, j’aimerais travailler dans un organisme international pour pouvoir contribuer au développement de mon pays », anticipe-t-elle.
Le succès de Ny Ony est source de fierté pour ses proches. « Ny Ony est une jeune fille très intelligente et très studieuse. Son départ sera un grand manque dans l’étblissement », exprime la directrice du lycée Les Capucines, Lucie Razafindrainibe, avec un peu de chagrin.
« Cette victoire, je la dédie à ma famille, surtout à ma mère, qui fait tout son possible pour que je fréquente une école privée, bien qu’on ne soit pas une famille riche. L’étude est la seule clé de réussite dans la vie, alors, il faut foncer dessus. » Un message qu’elle voudrait passer à sa famille et aux jeunes.

Miangaly Ralitera