Mal information, circulation peu fluide, retard de l’information. Tous ces facteurs ne jouent pas en leur faveur.  Et il faudra tenir compte également des moyens techniques et des équipements insuffisants et vétustes de nos soldats du feu.

Faire la part du feu. Dix-huit véhicules sont les moyens de transport que le service des sapeurs pompiers de Tsaralalàna utilisent à l’heure actuelle. La circulation  est souvent engorgée dans la capitale et cet engorgement provoque un grand retard dans les interventions d’urgence des sapeurs pompiers. Déjà les interventions dans l’agglomération d’Antananarivo leur posent problème à cause des infrastructures routières inadaptées et des embouteillages monstres, sans parler du manque d’équipements adaptés. Mais ils doivent encore faire face à d’autres problèmes une fois sur les lieux d’intervention, notamment du fait de la quasi-inexistence des bouches d’incendie. Elles ne sont presque plus utilisables car elles ont été endommagées par le temps ou volontairement détruites par des mal intentionnés.

« À l’étranger, il existe des centres de secours presque toutes les quatre minutes. Mais chez nous, même la circulation ne nous permet pas d’accomplir avec succès notre mission. C’est ce qui engendre souvent les retards », déplore le colonel Michel Rabemanantsoa, chef de corps des sapeurs pompiers de Tsaralalàna.

le colonel Michel Rabemanantsoa, chef de corps des sapeurs pompiers de Tsaralalàna

le colonel Michel Rabemanantsoa, chef de corps des sapeurs pompiers de Tsaralalàna

Un grave problème qui nuit vraiment à leur travail. Après réception des appels de détresse venant des endroits hors zone, les soldats du feu d’Antananarivo analysent d’abord la faisabilité de l’intervention en fonction de la capacité des communes ou des entités concernées à rembourser surtout le coût des carburants pour le trajet aller et retour, avant de quitter la caserne. Dans le cas où le remboursement des dépenses liées au déplacement ne pourrait pas se faire, il est possible qu’aucune intervention ou renfort n’ait lieu. Un camion dépense 15 litres de carburant en une heure. Ils sont aussi confrontés à des problèmes récurrents de capacité de déplacements et d’insuffisance  de véhicules adaptés à cause de financements insuffisants. Les pompiers préviennent, combattent et éteignent les incendies. Ils aident également dans d’autres situations d’urgence en protégeant la vie et la propriété des personnes et en organisant des secours. Cependant, quand certains facteurs entrent en jeu et entravent leur travail, bien importants sont les dégâts et des vies humaines peuvent en pâtir. En outre, il faut tenir compte de l’extension de la ville d’Antananarivo où l’on assiste à?de?nombreuses constructions dont certaines ne respectent aucun plan d’urbanisme : augmentation du nombre d’habitants mais précarité des infrastructures sociales.
La commune d’Antananarivo a triplé l’effectif de son Service d’incendie et de secours ces seize dernières années. Près de deux cents sapeurs-pompiers sont désormais au service de la population. Leur activité opérationnelle a connu une augmentation conséquente, passant à 314 interventions dont 207 incendies d’habitations en bois et 107 maisons en brique,  de janvier à août de cette année. La commune a prévu de recruter cinquante?nouveaux agents, quarante hommes et dix femmes.
Le service de secours et d’incendie de Tsaralalàna est joignable par le numéro 118 à partir de tous les opérateurs téléphoniques. Ils interviennent sur de nombreux incidents (accidents, feux, inondations et malaises) qui peuvent survenir de jour comme de nuit. Ils s’occupent aussi de la gestion de l’intervention sur les bâtiments, l’intervention sur des matières dangereuses, sur les immeubles élevés, l’auto-sauvetage des pompiers en intervention, la désincarcération et les premiers secours. Ces agents communaux, encadrés par le colonel Michel?Rabemanantsoa, quadrillent la zone d’Antananarivo d’une superficie de 50 km² et se préoccupent de la vie de ses deux millions d’habitants. Leurs opérations sont gratuites dans cette zone et tout le monde peut recourir à leurs services en cas d’urgence ou de dangers imminents.
Chaque habitant doit, de ce fait, contribuer à la bonne marche de cette institution par un bon recouvrement des impôts au lieu d’attendre toujours des soutiens extérieurs.
Par Julie Razakarinaivo