Actualites Culture

RiRi Krootamby – « La bande dessinée, un art, une passion et un métier à part entière »

Avec désormais plus d’une décennie de carrière au compteur, Rindra Razafindrabe plus connu sous son seudonyme RiRi évoque son amour intarissable pour le 9e art

Dans la trentaine bien trempé, il s’affirme désormais comme l’une des figures incontournables de la bande dessinée dans la Grande île. Bien que de nature plutôt timide et réservé, Rindra Razafindrabe connu sous son nom de plume RiRi vit de sa passion et de son amour pour le 9e art depuis douze ans maintenant. La bande dessinée, il est tombé dedans étant petit, car aussi loin qu’il s’en souvienne, il dessine depuis sa plus tendre enfance. Natif de la ville d’Ambatondrazaka et croyant catholique aguerri, il a débuté en croquant à sa manière le portrait des prêtres et évêques qui ont croisés son chemin. « J’ai surtout été influencé par mon grand frère, qui lui se plaisait surtout à dessiner des voitures à l’époque. Par la suite, comme mes parents achetaient des bandes dessinées, en général chrétiennes, je devins très vite un amateur de BD, de dessins et de livres illustrés » raconte-t-il. Ceci-dit, ce sont évidemment les BD malgaches des années 80, dite « âge d’or de la BD malgache », qui l’ont surtout inspiré à suivre cette voie. De même que les grands classiques franco-belge, tels Lucky Luke, Tintin, Asterix et tous les autres. Autodidacte et passionné donc, RiRi voulut à tout prix devenir un bédéiste professionnel et commença en 2006 à fréquenter le collectif des bédéistes dans le cadre de l’événement « Madabulles ». De là son aventure à travers le 9e art débute, de RiRi en tant que bédéiste, il n’a cessé d’évoluer allant de graphiste professionnel à dessinateur de presse également.

Un parcours honorable

Depuis, RiRi étoffe continuellement ses expériences dans le milieu de la BD malgache, notamment en côtoyant ses doyens qui l’initiaient aux métiers de bédéiste professionnel. Entre temps, il apprit aussi quelques techniques dans beaucoup de disciplines d’art visuel tout en étant toujours autodidacte, tels que la peinture et la création de modèles réduits et autres maquettes. Depuis 2007, RiRi participe à des expositions de bandes dessinées tels « Gasy Bulles », un évènement organisé par l’Institut français de Madagascar (IFM) alors encore reconnu comme le Centre Culturel Albert Camus (CCAC) à Analakely. De même, il participe aussi à des formations et des ateliers de bande dessinée animés par des bédéistes nationaux et internationaux. Puis, il fonde en 2008 avec quelques amis dessinateurs l’association « Tantsary ». Une association qui œuvre pour la promotion de la BD et de l’art visuel, mais aussi pour promouvoir la lecture.

Un illustrateur de la société

Sous son pseudonyme RiRi, il laisse la part belle à la bande dessinée, en général, mais également à une toute autre passion qui l’anime. À savoir, celle du dessin de presse, un moyen pour lui de pouvoir exprimer plus librement sa vision de la société, ainsi que des actualités. Le tout en conjuguant son amour pour le dessin et la bande dessinée avec le monde du journalisme, pour lequel il éprouve aussi un grand intérêt. Depuis, il continue à sublimer de ses talents les pages de quelques journaux de la capitale, tout en sortant continuellement de nouvelle série de bande dessinée en auto-édition. Telle que « Ambalak’soa », « Tata&Benify » qu’il a réalisé avec RaMika et « La grenouille qui voulait devenir chanteuse » avec Bénédicte Petitjean au scénario. Ainsi que le fanzine « Menakely » avec les bédéistes de l’association Tantsary, le tout en auto-édition et s’inspirant surtout de la société.

Par Andry Patrick
Rakotondrazaka
Photos RiRi Krootamby