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Crises politiques – Méditations sur les médiations

Le dialogue prôné par diverses initiatives va-t-il dénouer le conflit politique actuel? Rien n’est moins sûr à cause des positions inflexibles des uns et des autres Prévisible. La réaction des Forces armées l’a été. Face à un éventuel blocage de la machine administrative, comme ce fut le cas en 1991, elles reviennent à la charge. Et poussent, sinon obligent les chefs politiques à trouver une issue à la crise politique. Cela après le début timide des actions de réconciliations entamées par le Conseil œcuménique des églises chrétiennes, FFKM, boudées par les 73 députés frondeurs. Pour eux, selon Roberto Tinoka, les quatre prélats du FFKM feraient mieux de persuader le Chef de l’Etat à partir. Mais Hery Rajaonarimampianina, dans une interview accordée à la presse internationale, a exclu ce scénario rêvé sur la Place du treize mai.
«  Ce serait trahir le choix du peuple malgache » a-t-il soutenu.

enlisement
Face à la guerre d’usure qui semble s’installer, les Forces armées par une déclaration lue par le ministre de la Défense, le général du Corps d’armée Béni Xavier Rasolofonirina, enjoignent les protagonistes à chercher des solutions dans les plus brefs délais. En fait, la médiation du FFKM rencontre des réticences dans l’opposition. Cette entité, quand des leaders politiques, ont été interdits de circuler à Toliara, Ambalavao ou Mahajanga, n’a pas réagi. Pire, la télévision nationale a passé en boucle les mésaventures de Marc Ravalomanana, comme s’ il s’agissait d’un exemple à suivre. La même attitude a été adoptée par le Comité du fampihavanana Malagasy, CFM, présidé par Alphonse Maka. Celui-ci reste quand même optimiste sur la suite du programme, en signalant que la communauté internationale entend accompagner le processus de réconciliation sans interférer dans la cuisine interne des Malgaches. Tous, les forces en présence, souhaitent une résolution dans le cadre constitutionnel. Les regards se tournent alors vers la Haute cour constitutionnelle, HCC, qui par ses différents avis ont engendré ces affrontements politiques. Par exemple, son président Jean Eric Rakotoarisoa, a indiqué que les députés n’ont pas de compte à rendre envers les partis ou associations qui les ont présentés aux législatives. Ils ne sont redevables que devant leurs électeurs.

magie
Le HVM qui n’a présenté aucun candidat à ces législatives a profité de cette largesses pour créer un groupe parlementaire formé par des transfuges du Mapar, du VPM-MMM et des soi-disant Indépendants. Alors qu’un tel retournement de veste est passible d’une déchéance du mandat des concernés. Les juges constitutionnels ont aussi fermé leurs yeux sur les nominations des Premiers-ministres Roger Kolo, Jean Ravelonarivo et Olivier Mahafaly. Aucun d’entre eux n’a été proposé par le parti ou groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale. Dans une émission de débats sur RTA, « Salangalangana », pourtant, Jean Eric Rakotoarisoa a reconnu ce droit au Mapar, fort de 49 députés au début de la législature. Mais une fois nommé président de la HCC, il a lu de travers l’article 54 de la constitution relatif à la présentation du Premier ministre et sa nomination par le président de la république. Alors comment, ces juges constitutionnels, vont-ils trancher sur des textes qu’ils ont eux-mêmes bafoués depuis longtemps ? Les Forces de l’ordre citent des droits et devoirs de chacun, mais où étaient-elles quand des dérives autoritaires se manifestaient un peu partout ? Comme une intervention des médiateurs internationaux fait craindre le « ni…ni » de 2013, les politiciens ont l’obligation de s’entendre.

étourdis
Mais pourquoi insister sur ces lois électorales dénoncées dès le départ par des gens de bonne volonté ? Jean Max Rakotomamonjy, président de l’Assemblé nationale, implore les « dissidents » à revenir au bercail. Mais au cours des débats houleux pour l’adoption de ces projets textes électoraux, il a tout fait pour étouffer les voix discordantes. Au lieu de se hisser au rang d’un arbitre impartial. Avec des amendements sincères sur les articles litigieux, ces lois auraient pu faire l’unanimité. Sans besoin de recours à des folles dépenses pour des « journées et nuitées récréatives » au Paon d’or. Du gâchis en somme.

Par Eric Ranjalahy
Photos : L’Express de Madagascar