Actualites alaune Politique

Lois électorales – Les dés pipés des députés

Dernier recours pour les vaincus à l’Assemblé nationale

Après d’âpres discussions, les projets de lois organiques des élections à venir ont été adoptés par une majorité tirée par les cheveux

La démocratie a fini par gagner au palais de l’Assemblée nationale. Par 79 voix pour et 72 contre, les projets de lois organiques régissant la présidentielle, les législatives et le référendum ont été adoptés. Auparavant, des échauffourées ont opposé les deux camps et il fut des moments où les protagonistes ont failli en venir aux mains. Le président de la Chambre basse du Parlement, Jean Max Rakotomamonjy, a été contraint de faire appel aux services de sécurité pour passer au vote boycotté par les élus du Mapar, ou ce qu’il en reste, du TIM et quelques indépendants. Ils ont encore voulu débattre les dispositions des projets de lois organiques avant de trancher à main levée. Ceux-ci ont brandi des pancartes soutenant « la présumée existence de corruption » dans le camp des pro-
régimes. Cela à cause de la « mise au vert » durant le week-end pascal à l’hôtel Paon d’or du côté d’Ivato. La minorité « absolue » ne s’avoue pas vaincue. Ils ont « descendu dans la rue », déposé une requête à la Haute cour constitutionnelle, HCC pour dénoncer des articles contredisant des dispositions de la loi fondamentale. Une démarche assez compréhensible. La HCC, ces derniers mois, a rejeté des lois dûment avalisées par le Parlement. Les plaintifs croient à un miracle.
Puis, remettre une plainte auprès du Bureau indépendant anti-corruption, Bianco, pour des faits incriminés. Le Bianco a aussi osé s’attaquer «  à des gros bonnets » ces temps-ci. « Qu’ils apportent les preuves de ce qu’ils insinuent », exige le député Jaona Randriarimalala du HVM. « Sinon, nous allons les attaquer pour diffamation » poursuit-il Le Bianco va commencer à examiner le cas évoqué. La principale pomme de discorde vient de la production du « Bulletin numéro 2 » pour les candidats à la présidentielle, qui pourrait être
éliminatoire pour Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Il reste aussi des cas pratiques comme la tenue du second tour dans un délai limité.

Période critique

Thierry Rakotonarivo
confiant pour la tenue des élections

Et l’utilisation du bulletin unique « multiple » ou individuel. Les bailleurs de fonds qui ont émis le souhait de voir la tenue des élections inclusives, sans exclusion de qui que ce soit, n’ont pas encore réagi. Même si certains diplomates évoquent à demi-mot une période assez délicate pour engager des investissements privés.
L’Union européenne a déjà réservé une grosse enveloppe pour prévenir et gérer des éventuels conflits avant, pendant et après les élections. Dans cette situation plus ou moins critique, ceux qui prônent la réconciliation avant les élections, ont une belle carte à jouer. Sans que cela fasse l’unanimité. Les échéances électorales sont prévues par la constitution et non pas un caprice des citoyens. Qui va-ton réconcilier et sur quelles bases de discussions ? Pour sa part, la Commission électorale nationale indépendante, CENI, par la bouche de son vice-président, Thierry Rakotonarivo, «  se déclare apte » à faire face à ses obligations. Quand bien même, aucune date n’a été annoncée pour ces rendez-vous avec les urnes. Ce qui laisse les prétendants à la magistrature suprême dans l’expectative. Tout comme les simples électeurs qui sont appelés à consulter les listes électorales dont la « clôture » devrait être faite au 15 avril. Une prolongation n’est pas à exclure par le retard accumulé dans la publication des lois électorales.

Par Eric Ranjalahy