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Daniel Randriamaro – La voix d’or de la RNM, 32 ans de carrière

Daniel en action lors de la retransmission du match de Fosa Juniors contre ASPL2000 de Maurice

Daniel Randriamaro, « Radany » pour ses amis dans le monde du sport, est un journaliste généraliste, mais surtout connu en tant que reporter sportif. Grand passionné de son métier, âgé actuellement de 62 ans, il poursuit son quotidien de reporter et de présentateur à la Radio nationale malgache

Influencé par des grands. Daniel est journaliste de formation. Il poursuit des études supérieures à l’Université d’État de Voronej dans l’ex- URSS (Union des Républiques socialistes soviétiques) en 1984. « Après le soulèvement populaire de 1972 », précise-t-il. « J’étais encore collégien… J’ai vu de mes yeux pour la première fois le grand Tsitsi- Tsilavina Ralaindimby- en plein tournage d’un concours de vakisaova au Tranompokonolona d’Isotry », se souvient-il. C’est le déclic de son amour pour le métier. Pourtant, il n’est alors qu’en classe de 4e, au collège protestant d’Ambohijatovo-avaratra. Plus tard, il tombe amoureux des retransmissions en direct des matches de foot animées par Norbert Ranaivo et Balli Rakotoarimanana, stars du direct de l’époque. Il adore pratiquer le sport depuis toujours. Le fait d’avoir eu comme professeur d’éducation physique et sportive à l’école dans les années 70, l’inamovible champion de Madagascar et recordman en saut à la perche, Dominique Rakotorahalahy, booste ses envies d’aller  encore plus loin dans ce sens. À l’époque des compétitions de l’OSUM, il pratique le volleyball. Puis quand il se retrouve dans la catégorie des cadets, il joue au football à l’ère du célèbre Dezy Monstre.  Il est même intégré dans un club, l’Akon’ny Tanoran’i Viliazo de la ligue du Vakin’i Mananara. Son équipe bat en demi-finale le club de Doda Andriamiasasoa, actuel président par intérim de la Fédération malgache de football. En 1998, Radany participe aussi à la course du Renouveau et au semi-marathon Vache qui rit.

Sa participation à la version 1998 du semi-marathon Vache qui rit

Le choix de la radio

Fidèle, Daniel Randriamaro passe ses trente deux  ans de carrière à la Radio nationale malgache dont l’ancienne appellation était Radio télévision malagasy. En septembre 1985, il obtient son premier poste d’affectation au service provincial de l’information à Antsiranana, sous la direction de Jaojoby Eusèbe. Comme tous les correspondants de la chaine nationale, il doit être polyvalent, assurer les reportages de la radio et de la télévision.  C’est lui qui invente le slogan de l’émission hebdomadaire dans cette province : « Diego tsarapatry, Antsiranana mila vola ». « Nous préparons et présentons le journal local, ainsi que les éléments destinés au  journal du central, envoyés par bande latérale unique (BLU) » témoigne-t-il. « Ma première retransmission en direct date de 1986. Il s’agissait de la finale du championnat de Madagascar de basketball entre Cosmos Secren et Cosfap au gymnase couvert d’Antsiranana », se remémore-t-il.  « En tenant le micro, mes mains tremblaient. J’avais tellement peur de commettre des erreurs… Conscient du fait  que je suis écouté dans tout Madagascar et que beaucoup de gens maitrisent mieux que moi le basketball, cela m’a motivé à faire attention à ce que je disais », fait-il remarquer.

 « La sortie qui m’a le plus marquée, est le voyage que j’ai fait avec la Fédération malgache de football à l’époque du président Jacques Benony. Je me souviens bien de la date, le 16 juin 1996 car le Club M (équipe nationale malgache) s’est fait éliminé par un club zimbabwéen, après une nette occasion ratée de Rado à la dernière minute… alors que l’équipe du coach Justin-be dit Tintin a bien entamé la rencontre », relate Radany. Daniel Randriamaro peut aussi apprécier ses sorties avec l’AS Adema et la CNaPS sport. « Un de mes bons souvenirs a été la qualification de l’AS Adema face à une équipe mozambicaine : le score à l’aller à Mahamasina était nul et vierge et au retour, Onja a ouvert la marque à cinq minutes du match et le camp adverse n’a pu égaliser qu’à la toute dernière minute. En parallèle, malheureusement, la CNaPS s’est fait éliminer après le match retour à domicile malgré un large avantage au match aller », précise-t-il.  Il souligne qu’il préfère couvrir un match de foot à l’étranger que de couvrir des évènements comme les Jeux des Iles, ou Jeux Africains, ou Jeux de la Francophonie, qu’il qualifié de classiques.  Et de confier : « En foot, j’ai le trac comme les joueurs, surtout quand l’heure du coup d’envoi approche. L’émotion est toujours au rendez-vous avant, pendant et après chaque match (…) J’aime discuter avec les dirigeants et les athlètes, et devenir autant que possible familier avec ces sources… Cela me facilite la collecte des infos que j’utiliserai plus tard à la retransmission », signale-t-il.

 Sans pression

Retraité depuis l’an passé, Daniel Randriamaro continue à assurer la présentation de l’émission « Ainga sy Hery ». Il intègre vers 1991, ce magazine créé en 1989. Étant fonctionnaire qui a vécu de nombreux régimes, il affirme ne jamais avoir eu de pression venant de ses supérieurs en présentant le journal et l’émission sportive. « Mes principes sont simples, je me suis toujours basé sur les textes et lois régissant le sport en général, ou les règlements intérieurs et statuts des fédérations nationales et internationales pour éviter toute  poursuite plus tard », souligne-t-il. Vers 1998, les nouvelles technologies ont facilité le travail des professionnels du média. L’arrivée des téléphones cellulaires a beaucoup facilité les retransmissions en direct. « J’ai utilisé pour la première fois l’énorme portable en forme de brique, pour la retransmission du Marathon de Tana sur l’avenue de l’Indépendance », témoigne t-il. À présent, il est même possible d’envoyer les sons par email pour faire, par exemple, un faux direct avec une qualité de son impeccable en montage. « Dans les années 80, on devait couper puis scotcher les bandes pour monter un reportage. À présent, on travaille avec un magnétophone en miniature, contrairement au vieux de marque suisse Nagra  qui pesait 10kg et on devait toujours être accompagné  par un technicien pour les reportages », toujours selon ses explications. «  Les journalistes devraient exécuter leur travail en toute humilité. J’ai constaté ces dernières années que certains, surtout ceux de la télé, font du vedettisme et sous-estiment les autres et même les sources… Il ne faut jamais cesser de faire des recherches et c’est mieux de maitriser plusieurs langues, notre outil principal, au moins le français et l’anglais. » C’est le message que  Daniel Randriamaro transmet aux jeunes du métier.

Serge Rasanda