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Batailles politiques – Exit les heurts supplémentaires

Ils abattent leurs dernières cartes

Les Forces armées et la communauté internationale s’érigent en arbitres des protagonistes d’une crise politique larvée. Il est inutile de jeter de l’huile sur le feu

Il était temps. Les Forces armées, tous les Corps confondus, par une déclaration lue par le général quatre étoiles Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la Défense nationale, affirment désormais refuser d’accomplir des missions en dehors de la protection des personnes et de leurs biens.
Tout en précisant, avec empressement, qu’elles n’accepteront jamais une prise de pouvoir en dehors des élections démocratiques. Une attitude compréhensible après les violents heurts entre manifestants et éléments des Forces de l’ordre du samedi 21 avril, soldés par deux morts et une dizaine de blessés.

Prudentes
Une prise de position apaisante, et conciliante bien accueillie par l’opinion publique nationale. Certes un peu distante du discours présidentiel au lendemain du drame, prônant plutôt la fermeté et la prise de responsabilité à l’encontre des fauteurs de troubles et des fomenteurs de coup d’État.
Mais elle prive aussi les 73 députés frondeurs d’un atout majeur : le sentimentalisme à fleur de peau, bien entretenu, pour toucher la fibre sensible des citoyens, toujours du côté du plus faible.
Sans l’admettre, ils préfèrent les affrontements directs pour étayer davantage leur accusation de dérives dictatoriales et totalitaires du régime.
Les chefs de régions, districts et préfets trop zélés, trop prompts à tout interdire, seraient bientôt livrés à
eux-mêmes. Encourant les dangereux risques des vindictes populaires.
Avec cette précision tranchante et sans ambigüité, les Forces armées ont douché, d’autre part, l’enthousiasme de ceux qui ont rêvé, caressé un fol espoir de rééditer leur exploit de 2009.
Ce repli stratégique des hommes en treillis est intervenu après le « retrait » de général Angelo Ravelonarivo qui ne veut plus réquisitionner des éléments des Forces armées que pour prévenir les éventuels actes de pillages et d’incendies.

Méfiance
Éviter la résurgence du cauchemar du « lundi noir » du 26 janvier 2009. En fait, l’idée des extrémistes du HVM de prohiber l’entrée du Parvis de l’hôtel de ville d’Analakely a été à l’origine de ce soulèvement attendu mais qui a explosé à cause de cette erreur d’appréciation.
Si ces 73 députés ont pu faire leur soi-disant rapport, une fois que tout a été dit, ils ne devaient plus y revenir.
Maintenant, ils doivent inventer un événement chaque jour pour maintenir sur la Place maudite du treize une foule à plusieurs têtes mais sans la moindre cervelle.
Comme cette requête en déchéance du président de la république auprès de la Haute cour constitutionnelle, HCC.
Sachant qu’elle a peu de chance d’aboutir. Ne serait-ce que par le nombre insuffisant des plaignants.
Le premier essai de mai 2015, dûment voté par une large majorité des députés ayant échoué, il est peu probable que le président de la HCC, Jean Eric Rakotoarisoa, et le juges constitutionnels aillent dans le sens voulu par les députés de l’opposition.
Un vice de forme suffirait à effacer leur revendication. D’autant que la HCC a toujours encouragé les violations de la constitution, les transfuges députés. Mais les élus contestataires ont une autre carte sous la manche. Attaquer le Chef de l’Etat sur des poursuites judiciaires. Le but non-avoué est d’entacher son bulletin « nu méro2 ».
Un des points litigieux des lois électorales adoptées dans la confusion la plus totale. Et contraindre le camp d’en face, doté d’une majorité fictive à l’Assemblée nationale, à revoir sa copie.

Pression
L’Union européenne a rappelé dans sa déclaration suite aux heurts du « samedi noir », la nécessité de tenir des élections, dont les dates sont encore inconnues à part les hallucinations du ministre des Affaires étrangères, Me Henry Rabary-Njaka, inclusives aux résultats acceptés par tous.
Des diplomates ont sondé la réelle volonté du président de la République à ce propos. Alors que la SADC, envoie Joachim Chissano pour rapiécer un patchwork des plus diffus.

Par Eric Ranjalahy
Photos : L’Express de Madagascar